Extras #40

Voici un magnifique livre de créations artistiques basées sur des photographies. À première vue, si on le regarde rapidement sans vraiment s’arrêter, on a l’impression de contempler des paysages de la peinture chinoise. Mais lorsque l’on regarde de plus près, on s’aperçoit que tout est composé de constructions humaines : buildings, grues, échafaudages, pylônes électriques… Il en ressort à la fois de la beauté, de loin, et un côté dérangeant, voire oppressant ou effrayant de près. L’activité humaine est invasive, la nature et le vivant en dehors de l’homme semblent avoir presque totalement disparu. Une manière sans doute de dénoncer l’urbanisation à outrance, l’humanité qui s’empare de tout, l’aspect destructeur étant même évoqué dans certaines séries par une grenade, un obus, des mines… Certains paysages évoquent la neige, d’autres le jade, et pour certains, la composition semble inspirée par des courbes de graphiques intégrées à l’œuvre…
Un livre d’art magnifique, qui interpelle. 🙂

Pour contempler quelques œuvres du livre, c’est par ici !

Artificial wonderland, de Yang Yongliang, éditions Galerie Paris Beijing, 2013, ISBN 979-1090176485, 50 €

Extras #19

Alors qu’il travaille sur un gratte-ciel à New York, John LaLiberté, ironworker, assiste à l’effondrement des Twin Towers. Avec ses collègues monteurs d’acier, John fait partie des premiers sur les lieux pour tenter de dégager des survivants, chose impossible pour les secours sans leurs compétences pour découper l’acier des poutres effondrées. À travers son regard et l’histoire de sa famille, c’est toute l’épopée des indiens Mohawk qui nous est racontée, de leur tradition d’architectes du bois à leur spécialisation dans la construction de tours vertigineuses et de ponts d’acier.

Voici un roman qui prend aux tripes dès son ouverture, avec le 11 septembre 2001. Incrédulité, effarement, stupéfaction, horreur, volonté et besoin de faire quelque chose pour aider… Les émotions sont nombreuses et nous sont retranscrites à travers le regard de John et de son ami Andy. Mais le récit ne se contente pas de jouer sur la corde sensible, il s’enrichit également d’informations historiques sur la renommée des monteurs d’acier, son origine et la légende (fausse) qui veut qu’ils ne connaissent pas le vertige. Le propos alterne les différentes époques pour nous faire revivre le parcours des ironworkers au fil du temps, comment ce sont construites cette tradition et ces compétences, avec pour fil conducteur des membres de la famille de John. Passionnant, bien documenté, c’est un livre qu’il est difficile de lâcher et avec lequel j’ai découvert tout un univers dont la réalité m’échappait. Un gros coup de cœur !

Ciel d’acier, de Michel Moutot, éditions Points, 2016, ISBN 978-2-7578-5971-1, 7.95 € et aux éditions Arléa, 2015, ISBN 978-2-3630-8071-4, 22 € (grand format)

Éditions Arléa