Le songe d’une nuit d’été

de William Shakespeare, éditions GF-Flammarion, bilingue, 2014, ISBN 978-2-0813-3179-2, 4.80 € ou éditions Librio, 2007, ISBN 978-2-2900-0395-4, 2 €.

L’histoire :

Shakespeare fées amoureux mariage théâtre charmes amours couples colère envie jalousie passion magie ridiculeÀ Athènes, Hermia et Lysandre sont amoureux. Malheureusement, le père de la jeune fille l’a promise à Démétrius, un autre prétendant. Acculés, les deux jeunes gens décident de se retrouver dans un bois proche de la ville pour s’enfuir. Ils s’en ouvrent à Héléna, elle-même amoureuse de Démétrius. Pour rentrer dans ses grâces, elle les trahit. Dans le même temps, le roi des fées, Obéron, et sa reine, Titania, se croisent dans le bois et se disputent. De colère, Obéron décide de se venger. Dans la foulée, voyant combien Démétrius méprise Héléna, il ordonne à Puck, un lutin, de jeter sur lui un enchantement. Mais les choses ne se déroulent pas tout à fait comme prévu…

Chronique :

Je voulais lire ce classique depuis longtemps, curieuse de voir comment étaient représentées les fées. Dès la mention du petit page qui sème malgré lui la zizanie entre Obéron et Titania, j’ai fait le lien avec le roman Faërie de Raymond E. Feist, dans lequel ce personnage apparaît, de même que les deux souverains. Il me semble d’ailleurs que R.E. Feist a rendu un bel hommage à Shakespeare à travers son livre…
La pièce est extrêmement riche, avec du théâtre dans le théâtre, critiqué par les personnages en position de spectateurs. Elle ne manque pas non plus d’humour et touche à plusieurs registres. Comédie, voire farce par endroits, plus proche du tragique à d’autres, chants et danses…elle change de visage à de nombreuses reprises.
Les fées sont redoutables par leurs enchantements, les humains entre leurs mains ne sont que des jouets, et elles-mêmes peuvent tomber sous le coup de la magie. Ainsi en est-il de la reine Titania qu’Obéron veut punir. Selon son caprice, les amours se font et se défont, sans même que les hommes se rendent compte de son intervention. Puck est moins subtil avec sa tête d’âne, et ses actes rapprochent le texte de la farce, tout comme certaines déclarations qui ne manquent pas de ridicule.
Bref, dans cette pièce les hommes se croient souverains alors qu’ils sont à la merci du Petit Peuple. Ignorants de leur pouvoir, ils peuvent faire les frais de querelles entre fées ou pâtir des plaisanteries de certains lutins. Seule la volonté d’Obéron fait que tout se termine bien et il aurait pu en être autrement. À certains égards, on peut aussi voir dans ce texte une manière de se moquer aussi bien des puissants que des petites gens, de souligner l’inconstance des amoureux, et bien d’autres choses encore, tout en faisant rire le public.

Le 18.03.2016