La Ville-Vampire

de Paul Féval (père), éditions Ombres, 2000, ISBN 2-84142-132-5, 9.76 €

L’histoire :

vampire pastiche roman gothique Anne Radcliffe voyage aventures caricatures humour fantastiqueLady B. et le narrateur (qui est censé être l’auteur lui-même) se rendent auprès d’une vieille demoiselle qui a connu Ann Radcliffe. Elle entreprend pour eux le récit d’une aventure fantastique, que la jeune femme lui aurait racontée et qu’elle aurait vécue la veille de ses noces, mêlant histoire d’héritage, escroquerie, vampires et grands sentiments.

Chronique :

Roman de vampires en même temps que parodie des romans gothiques à la mode, La Ville-Vampire est un pastiche dans lequel l’auteur semble s’en donner à cœur-joie. Le récit est imaginatif, farfelu par endroits, plein de rebondissements et de machinations, avec une héritière convoitée, une autre bafouée, un jeune fiancé en danger, servi par un Irlandais à la tête dure (au sens propre comme au figuré), et une future mariée qui se lance sur les routes en pleine nuit pour secourir ses amis sans prévenir personne d’autre qu’un vieux serviteur.  L’humour et la drôlerie ne sont pas loin avec la caractérisation de certains personnages, proches la caricature, tout comme les phrases récurrentes affirmant la supériorité anglaise sur tout autre peuple, sa distinction, ou se moquant de ce qui semble faire la fierté des sujets britanniques « Ce serait une redite que de souligner encore ici la supériorité incontestable de l’embonpoint anglais ».
Sans doute apprécie-t-on davantage l’aspect parodique du texte en ayant lu Les Mystères d’Udolphe auquel il est fait référence à plusieurs reprises, mais de toute manière, il est indéniable que Paul Féval fait preuve dans son récit d’inventivité. Son vampire présente des particularités que l’on ne voit pas dans d’autres écrits, il n’a pas de crocs mais un aiguillon (ce que l’on retrouve dans Un vampire ordinaire de Suzy McKee Charnas) et il répand autour de lui une lumière verte reconnaissable entre toutes. Il est doté d’autres pouvoirs que je vous laisse découvrir, si le cœur vous en dit, tandis que ses pareils et lui sont attachés à une cité qui n’appartient qu’à eux.
Je conclurai donc en disant qu’on peut lire ce roman comme une curiosité, qu’il se comprend sans doute mieux avec un certain bagage de lecture, et que l’auteur s’est visiblement amusé avec les codes et la mode de son époque pour écrire un texte finalement difficile à qualifier, mais clairement maîtrisé.

Le 05.05.2016

 

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