La maison hantée

de Shirley Jackson, éditions Payot & Rivages, 2016, ISBN 978-2-7436-3798-9, 8.20 €

L’histoire :

maison expérience scientifique cobayes observations possession poltergeists fantômes froid hostilitéAfin de se livrer à des observations scientifiques, le docteur Montague a invité trois personnes dans une vieille demeure du XIXe siècle, Hill House, réputée hantée. Parmi ses invités se trouve Eleanor, jeune femme sensible par laquelle nous participons au séjour. Dès son arrivée, Eleanor n’a qu’une envie, repartir, alors que le voyage lui a semblé idyllique. Puis la maison ne tarde pas à se distinguer par de petites bizarreries, jusqu’à ce qu’une nuit…

Chronique :

Avec ce roman, nous avons affaire à un récit qui démarre de manière un peu féerique, entre les rêveries d’Eleanor sur la route et ses observations, avant de basculer vers le fantastique dès l’arrivée au portail.
Dans cette histoire, Hill House semble être une entité à part entière, un personnage, notamment avec les autres protagonistes qui en parlent comme si elle possédait une volonté propre et qu’elle était douée de conscience. Les atmosphères sont bien rendues, ainsi que la sensation de claustration et l’aspect labyrinthique, jusque dans les pensées qui tournent en rond, obsessionnelles. L’auteur s’est amusée à brouiller les repères entre réalité, rêve et cauchemar, de sorte que l’on se demande régulièrement si ce qui nous est raconté est le fruit de l’imagination d’Eleanor ou non.
L’histoire même de la demeure et la personnalité de son concepteur nous amènent aux frontières de la folie, folie qui semble guetter les invités et vouloir s’emparer de certains d’entre eux. Toutefois, une fois arrivés à la fin, nous n’avons pas d’explications quant aux phénomènes qui ont frappé, à la sorte de possession dont nous avons été les témoins et cela entretient à la fois le doute et la frustration. Nous ignorons s’il y avait réellement des forces à l’œuvre, captées par quelque don paranormal, ou si tout était le fait d’un esprit chancelant, fragile, déséquilibré par l’atmosphère particulière des lieux.
Bref, il s’agit d’un récit fantastique dans la droite ligne du genre, habilement écrit et mené afin de provoquer un sentiment d’étrangeté et de perte de repères. L’horreur est insidieuse, comme la folie et l’influence de Hill house.

Le 03.01.2017