La dame pâle

d’Alexandre Dumas, éditions Gallimard (Folio), 2006, ISBN 978-2-07-033808-5, 2 €.

L’histoire :

amour vampire danger fuite frères malédiction mort rivalité En 1825, Hedwige, polonaise, a fui le château de son père à cause de la guerre contre les Russes. Alors qu’elle se rend dans un monastère où sa propre mère trouva refuge, son escorte et elle sont attaqués par des brigands. Elle ne doit qu’à l’intervention d’un jeune homme de se voir épargnée, ainsi que les quatre survivants. Mais le chef des voleurs n’est autre que le frère de son sauveur et tous deux ne tardent pas à devenir rivaux. L’histoire ne peut finir que par un affrontement. Lorsque l’un des deux frères meurt, Hedwige espère enfin être libre, mais c’est sans compter avec l’obstination du mort…

Chronique :

Avec cette nouvelle écrite en 1849, Alexandre Dumas entre dans le vif du sujet assez rapidement, et on se laisse emporter par sa plume déliée et le rythme du récit. À la fois fantastique et romanesque, ce dernier nous emmène dans les monts Carpates, auprès d’une vieille famille frappée de malédiction. Dès le début, le ton est donné avec l’urgence de la fuite due à la guerre, le danger qui talonne la jeune femme, et qui finit par rattraper son groupe alors qu’il parvenait pratiquement au but. Il est d’autant plus facile de se faire capter que la narration est à la première personne, puisqu’il s’agit de l’aventure de « la Dame pâle », laquelle raconte l’histoire.
Un triangle amoureux se met assez vite en place, et le portrait qu’elle dresse des deux frères les oppose diamétralement. L’un est blond, l’autre de cheveu noir, le premier a des manières, se montre galant, le second est violent, impulsif et possessif. L’aîné est rassurant, le cadet inquiétant, voire effrayant. Bref, il n’est pas difficile de comprendre vers qui va son cœur et pourquoi. Le fantastique s’insinue dès les début de la rencontre, mais il s’affirme à l’instant où Kostaki meurt. Dès lors, il ne peut que mener à l’affrontement final qui s’achève de manière tragique, et le fin mot de l’histoire nous est donné par la mère des deux frères.
Ainsi, bien que court, ce récit de vampire est très bien construit, déroule sa trame sans temps mort, jusqu’au paroxysme. Il est à noter que l’héroïne de Dumas n’est pas uniquement une demoiselle en détresse qui attend qu’on vienne la sauver, car elle se bat, aussi bien contre les brigands que contre le revenant qui la tue à petit feu. En cela, elle se différencie agréablement des autres jeunes femmes victimes de vampirisme, et même si la chose est présentée de manière plutôt discrète (les pistolets dans les fontes par exemple), elle reste plutôt novatrice pour l’époque.

Le 29.03.2016

 

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