Faust #1

Partie 1 : Faust I

de Johann Wolfgang Goethe, éditions Flammarion, 2015, ISBN 978-2-0813-5868-3, 9 €

L’histoire :

N’espérant plus rien ni de la science, ni des divinités, le docteur Faust accepte de passer un pacte avec Méphistophélès, sans savoir qu’il est lui-même l’enjeu d’un pari entre les sphères célestes et le Malin. Sur les pas du Diable, il se met à voyager et dans le miroir d’une sorcière, voit une belle jeune fille. Il ne désire plus qu’une chose alors, la posséder…

Chronique :

Depuis longtemps je caressais l’idée de lire ce classique, afin d’en connaître l’histoire par l’original et non par son adaptation en opéra. Faust I correspond à l’histoire de ce dernier, avec la belle et douce Marguerite, poussée vers sa déchéance et sa perte par Faust et Méphistophélès.
Le texte, versifié, n’est pas d’un abord aisé au début, et la lecture de la préface est d’une grande utilité pour resituer l’écriture dans son contexte historique. L’histoire démarre réellement après trois entrées en matière, et nous présente Faust en train de se lamenter dans son étude, prêt à se suicider après avoir dressé un bilan négatif de ses années de recherches. Les sciences ne l’ont pas comblé, Dieu non plus, lui laissant un sentiment de frustration exacerbé. Il fait donc une proie toute désignée pour le Diable, lequel a parié avec le Seigneur auparavant.
Avec la figure de Méphistophélès, le fantastique est bien représenté, tout comme par les sorcières et la nuit de Walpurgis. L’intermède avec Obéron, Titania et Puck m’a fait songer au Songe d’une nuit d’été, et vu le titre que lui a donné l’auteur, ce n’est pas un hasard.
Dans le texte, Faust est désabusé, il renvoie dos à dos la science et la religion, les rejette et se tourne donc vers la magie dans l’espoir d’acquérir un savoir véritable qui rende l’homme meilleur. La quête de toute une vie n’a pas abouti, le regard qu’il porte sur lui-même est sans complaisance et il se considère comme un charlatan lorsque les paysans viennent le remercier. La préface permet d’en éclairer le pourquoi, ce qui est bien utile. Marguerite est l’image de la pureté au début, mais tout comme Faust, cède à la tentation. Elle choisit l’amour, ce qui la conduit sur une pente funeste à laquelle même Faust ne parviendra pas à l’arracher. L’un et l’autre ont des morts sur la conscience, mais Faust semble s’en accommoder alors que Marguerite choisit d’assumer les conséquences de ses actes.
Bref, ce Faust I relève du drame et de la tragédie, avec une histoire vieille comme le monde, qui n’a eu de ce fait aucun mal à traverser les époques. La deuxième partie révèlera sûrement qui du Ciel ou de l’Enfer a gagné le pari dont Faust fait l’objet…

Le 21.11.2017

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