Téméraire #6

Tome 6 : Langues de serpents

de Naomi Novik, éditions Pocket, 2013, ISBN 978-2-266-22722-3, 8.30 €

L’histoire :

dragons uchronie XIXe siècleTéméraire et Laurence se retrouvent en Australie, dans la colonie anglaise qui vivote et méconnaît la plus grande partie du territoire, ainsi que les autochtones. Envoyé avec deux autres capitaines en exploration, dont l’insupportable Rankin, Laurence est obligé de faire profil bas s’il veut espérer être gracié. En effet, il a été envoyé en Australie au même titre que les bagnards, à la différence que Téméraire lui évite les travaux forcés. Du reste, ce dernier également a été éloigné, jugé trop subversif par ses idées, et rendant les autres dragons plus entreprenants et revendicatifs. Avec eux voyagent deux œufs, et les péripéties de l’exploration n’ont pas fini de leur réserver des surprises…

Chronique :

Avec ce sixième tome, nous découvrons un nouveau continent, exempt de race de dragon endémique, et lorsque l’on considère la longue exploration à laquelle se livrent Téméraire, Will et leurs compagnons, cela n’a rien d’étonnant. Boire et se nourrir en grande quantité se révèlent problématique, d’autant plus lorsque l’on ignore tout ou presque du continent traversé.
Dans ce volume, on peut déplorer une certaine longueur, avec l’impression que l’autrice a eu tendance à meubler et ne savait pas trop comment avancer. Les pages concernant les découvertes de l’Australie sont longues, nombreuses, et on aurait envie que le récit accélère, relevé ça et là de quelques pointes d’intérêt, comme la traque à laquelle se livrent les dragons. De fait, on ressent leur ennui, leur impatience, puis à l’image de Téméraire, on déplore l’aveuglement et la rapacité des hommes. Les initiatives de MacArthur semblent d’autant plus justifiées qu’il faut près d’un an aux nouvelles pour parvenir en Angleterre et aux nouveaux ordres pour en revenir, ce qui ne permet pas de se montrer réactif et de faire face aux situations d’urgence.
Quant à la logique de Téméraire, qui ne voit pas pourquoi un tout petit pays à l’autre bout du monde prétendrait diriger les océans du globe, elle est frappée au coin du bon sens et on ne peut que partager son opinion. Déclencher une guerre à l’autre bout de la terre pour des intérêts commerciaux impossibles à tenir est totalement déraisonnable, et montre bien que les décisions sont prises par des gens qui n’auront pas à risquer leur vie et à se mouiller pour les faire appliquer.
Pour finir, en ce qui concerne Laurence, il apparaît tiraillé entre ce qu’il considère encore comme son devoir, bien que n’étant plus officier, et sa conscience, qui se retrouve de plus en plus souvent en contradiction avec les ordres ou les obligations du service. Quelque part, n’étant plus tenu aux ordres comme auparavant, cela lui permet d’affirmer son indépendance, et ce n’est pas un mal.
Bref, si le tome est un peu lent, les idées et réflexions évoquées restent solides, tandis que la relation entre Laurence et son dragon continue à s’enrichir et que la guerre paraît bien loin, une préoccupation secondaire comparée à la question de la survie dans le désert australien.

Autres titres de la série :

Tome 1 : Les dragons de Sa Majesté (chronique)
Tome 2 : Le Trône de Jade (chronique)
Tome 3 : Par les chemins de la soie (chronique)
Tome 4 : L’Empire d’ivoire (chronique)
Tome 5 :  La victoire des aigles (chronique)
Tome 6 : Langues de Serpents (chronique)
Tome 7 : Le Trésor des Incas
Tome 8 : Le Sang des tyrans
Tome 9 : L’ultime bataille

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Le 10.03.2018

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