PariZ

de Rodolphe Casso, éditions Critic, 2016, ISBN 979-10-90648-81-4, 22 €

L’histoire :

zombies Paris métro clochards SDF armée survieLa Gâchette, La Goutte, La Gobe et son chien Goa sont SDF et vivent dans le métro parisien. Après une cuite monumentale, La Goutte se réveille dans des couloirs vides et étrangement calmes. Lorsqu’il retrouve La Gâchette, ce dernier lui parle d’une maladie à la surface et de démons en sous-sols… Rapidement, il leur faut s’organiser pour survivre sans être pris pour cible, surtout que La Goutte est totalement dépendant de la boisson. Quand La Gâchette tombe sur deux paramilitaires en mission, les choses se compliquent…

Chronique :

J’étais curieuse de lire une histoire de zombies à la française, je n’ai pas été déçue. Avec des personnages principaux totalement improbables, le récit accroche, captive, puisque je l’ai dévoré en une après-midi. L’immersion en sous-sols, dans l’univers des trois héros (anti-héros devrais-je dire), se fait sans difficulté. L’idée est originale, autant par les lieux que par la brochette de protagonistes, des gueules cassées par la vie qui se débrouillent dans un monde de tunnels et d’éclairage au néon. C’est d’ailleurs leur connaissance du réseau métropolitain qui va leur servir, de même que les compétences particulières de La Gâchette. Campés avec humanité, ces personnages deviennent attachants, on a envie qu’ils s’en sortent, tandis qu’ils évoluent dans une ville devenue enfer.
Le style est agréable, travaillé, avec des jeux de rythme ou de sonorités qui font pendant aux extraits de chansons qui jalonnent le récit, donnant un aspect musical au texte. De même, les références littéraires sont nombreuses (le roman m’a notamment renvoyée au théâtre de l’absurde de Samuel Beckett), toutefois il est dommage que l’ouvrage soit parsemé de coquilles, lesquelles finissent par être agaçantes.
Quant aux zombies, ils reprennent les caractéristiques propres au genre et l’innovation n’est pas de ce côté, si bien que le lecteur se retrouve libre de se focaliser sur l’aspect humain du récit, le cheminement des personnages, leur débrouillardise, et non sur les monstres qu’ils affrontent.
Bref, il s’agit d’un excellent roman, non dépourvu d’humour, qui nous fait parcourir un Paris apocalyptique dans un périple à l’issue incertaine. On ne s’ennuie pas !

Le 02.05.2017