Les Artilleuses #1

Tome 1 : Le Vol de la Sigillaire

de Pierre Pevel, Étienne Willem et Tanja Wenish, éditions Drakoo, 2020, ISBN 978-2-4907-3500-6, 14.50 €

L’histoire :

Paris des Merveilles, 1911. Un trio de braqueuses nommé les Artilleuses dérobe un anneau dans un coffre blindé, pour le compte d’un faune aux affaires douteuses. Alors qu’elles viennent lui remettre leur butin, elles se font attaquer par un drone et doivent s’enfuir en catastrophe. Déterminée à en savoir plus, Lady Remington part enquêter, tandis que Mam’zelle Gatling culpabilise et retourne sur les lieux de la fusillade, pendant que Miss Winchester récupère. Rapidement, les trois femmes se rendent compte que la sigillaire qu’elles ont volée agite beaucoup de monde, dont des personnages peu recommandables…

Chronique :

Ayant adoré la trilogie du Paris des Merveilles, j’étais très curieuse de lire cette BD reliée à l’univers créé par Pierre Pevel, à la manœuvre pour le scénario.
D’emblée, la couverture annonce la couleur, avec des éléments steampunk, Art Nouveau et des créatures surnaturelles. On reconnaît d’ailleurs un chat ailé, de ceux qui aiment se coucher sur les livres ou les journaux pour en apprendre le contenu 🙂 Les trois héroïnes ornent également cette première de couverture, et leur style ne laisse aucun doute sur le fait qu’il s’agit de femmes de caractère. La page de garde, quant à elle, nous offre une carte postale qui rend bien l’ambiance de ce Paris uchronique dont la féerie n’est pas absente, et l’un des personnages secondaires de l’intrigue s’y est glissé ;-).
Le récit démarre assez rapidement, avec un dessin très agréable et plein de charme. Lady Remington, Miss Winchester et Mam’zelle Gatling sont à l’œuvre, d’une efficacité redoutable, mais avec une certaine classe. D’aileurs, plus le récit avance, et plus on les découvre, sans connaître encore beaucoup de détails sur leur passé. Quelle est leur histoire ? Comment  se sont-elles rencontrées ? Comment en sont-elles venues à embrasser ce type de carrière… ? Elles intriguent et on a envie d’en apprendre davantage sur elles. Pour l’époque, elles sortent de l’ordinaire, ce qui laisse présager des parcours de vie singulièrement intéressants.
L’alternance avec les adversaires qui vont se dresser sur leur chemin est bien rythmée, il n’y a aucune longueur, et on se laisse entraîner au fil du récit jusqu’à la fin du tome. On se surprend d’ailleurs à y arriver assez vite, et avec l’envie de savoir ce qui va se passer ensuite.
Parmi les personnages secondaires, j’ai beaucoup aimé Tiboulon, et son concepteur Hugo Barillet, gnome de son état. Le personnage est attachant, dévoué aux trois complices, et comme pour elles, on se demande quelle est son histoire.
Quant au grand méchant, il ressemble à un ogre, et n’a pas du tout l’air engageant, tandis que son homme de main, Drexler, semble plus raffiné, mais dans un registre inquiétant. Je me suis d’ailleurs demandée ce qu’il nous réservait comme surprises. L’escarmouche à laquelle il participe est loin de montrer toute l’étendue de ses capacités à mon avis.
Bref, voici une intrigue comme on les aime avec Pierre Pevel, des personnages bien caractérisés, riches, avec une histoire que l’on ne demande qu’à découvrir, le tout servi par un coup de crayon très agréable et expressif. J’attends la suite avec impatience !

Le 03.06.2020