Le Pensionnat de Mlle Géraldine #1

Tome 1 : Étiquette et espionnage

de Gail Carriger, éditions Le Livre de Poche, 2015, 978-2-2531-8352-5, 6.90 €

L’histoire :

Sophronia, quatorze ans, a bien du mal à rentrer dans le moule de la jeune fille bien comme il faut dans l’Angleterre du début du XIXe siècle. Curieuse, intéressée par les mécanismes, adepte de l’escalade, elle fait le désespoir de sa mère. Quand celle-ci l’envoie dans le Pensionnat de Mlle Géraldine pour jeunes dames de qualité, elle considère la chose comme une punition et une manière de se débarrasser d’elle. Toutefois, le voyage et la découverte de l’école se révélant particulièrement animés, elle se rend rapidement compte que rien n’est ce qu’il paraît, et qu’elle pourrait bien s’y plaire. Lorsqu’elle se retrouve mêlée à un complot autour d’un prototype que tout le monde convoite, elle ne peut s’empêcher de tenter d’élucider l’affaire…

Chronique :

Voici un livre qu’on m’a prêté et que j’ai essayé par curiosité, ne sachant absolument pas à quoi m’attendre en le commençant. Dans un univers steampunk mâtiné d’un brin de fantastique, il s’est révélé plutôt drôle et distrayant, avec des personnages attachants que l’on a envie de suivre.
La description des serviteurs mécaniques, de l’immense dirigeable ou de Bunson, le tout fonctionnant au charbon et à la vapeur, donne un cadre particulier aux événements, auxquels s’ajoutent l’atmosphère anglaise de la haute société, tandis que la présence d’un vampire et d’un loup-garou ajoute une touche de fantastique, sans toutefois tomber dans la magie, qui est absente du récit. La rigidité des normes sociales de l’époque est évoquée sans se montrer écrasante, et la transgression de ces normes quand la situation l’exige met en lumière leur aspect à la fois très contraignant et étouffant.
Sophronia est trop indépendante et volontaire pour se comporter en jeune fille soumise, et c’est cette débrouillardise qui va justement lui être utile dans les événements auxquels elle va être confrontée. Les méthodes pédagogiques particulières du Pensionnat parviennent à attirer son attention et son intérêt, si bien qu’elle se prend au jeu et s’investit réellement dans ses apprentissages. Elle se fait des amis, fait fi des conventions sociales selon lesquelles elle ne devrait pas fréquenter des personnes comme les soutiers, et il apparaît rapidement qu’elle a le caractère d’une meneuse, mais qui se soucie des autres et non uniquement de son prestige personnel.
Les personnages secondaires sont également intéressants, bien caractérisés, et on apprécie aussi bien Vieve, qui refuse de se comporter en fille, avec les contraintes que cela implique, surtout au niveau vestimentaire, et Savon, le sympathique soutier d’origine africaine que tout le monde aime. J’ai également aimé Sidheag, plus à l’aise avec les loups-garous et les manières directes, que les chichis et les frivolités censés être l’apanage des dames, tandis que Dimity fait sourire par son excentricité.
Quand à l’intrigue, si elle demeure simple, elle se suit en même temps que l’on découvre le fameux Pensionnat et ses professeurs, si bien que l’on ne s’ennuie pas, car elle avance au fil des occasions qui se présentent à Sophronia et qu’elle saisit pour en savoir plus.
Bref, c’est un premier tome agréable, distrayant, avec un univers cohérent, où l’importance donnée par certains personnages à des choses futiles fait partie du côté humoristique. On suit le personnage principal qui évolue, gagne en assurance là où elle était mal à l’aise, et on a bien envie de savoir comment elle va poursuivre sa route dans cette société rigide où les apparences priment, et où ce pensionnat un peu particulier détone.

Autres titres de la série .

Tome 2 : Corsets et complots
Tome 3 : Jupons et poisons
Tome 4 : Artifices et arbalètes

Le 10.10.2018