Le Fou qui volait la tête en bas

de Patrice Verry, éditions Voy'[el], 2017, ISBN 978-2-364754-15-7 (ebook).

L’histoire :

uchronie vampires guerre folie maladie remède entente ordre mondialJessica a été transformée en vampire et a intégré le clan d’Orvano, un très vieux seigneur vampire basé près de Clermont-Ferrand. Celui-ci voit loin et nul n’a conscience de la complexité de ses manœuvres. Tandis que le caractère volontaire et le dynamisme de Jessica amènent les vampires là où lui le désire sans qu’elle en ait conscience, la guerre avec les humains se profile à l’horizon. Lorsqu’elle se déclare, le monde se retrouve à feu et à sang, les deux camps rapidement débordés par l’apparition d’un troisième ennemi qui n’épargne personne, les Fous.
Devant l’ampleur de la menace, vampires et humains sont obligés d’enterrer la hache de guerre et de coopérer, tandis que la survie s’organise en sous-sol, seul endroit où les Fous ne se rendent pas. Et s’il existait un remède à cette folie et qu’il était possible de reconquérir la surface…?

Chronique :

Voici un livre que j’ai eu l’occasion de lire grâce au service de presse des éditions Voy'[el], que je remercie. Je m’y suis plongée avec curiosité, car j’ignorais tout de la quatrième de couverture, et ce fut une bonne surprise. Dense, complexe, très construit, ce roman s’est révélé très agréable à lire. La structure du récit est clairement découpée en trois parties, lesquelles correspondent à trois temps : les préparatifs et la guerre, l’alliance et la survie, la quête de l’Unique et l’espoir qu’elle représente.
Quand je dis complexe, cela tient au fait qu’outre le prologue, lequel se déroule au Moyen-Âge, le roman s’étale ensuite sur plusieurs dizaines d’années à notre époque, avec des flashback, et propose une narration qui ne se fait pas toujours du même point de vue. En effet, nous alternons entre Orvano, Jessica, Yannick, Rachel, Fabien…et d’autres personnages, d’importance ou secondaires. Toute la richesse du roman vient de cette multiplicité de regards, lesquels permettent d’appréhender les bouleversements de cette guerre hors normes sous différents angles. L’ordre mondial en est bouleversé, et l’adaptation est le maître-mot de la survie, pour tous.
Dans le rôle du méchant de service, Orvano est retors à souhait, sans scrupule, et particulièrement efficace. Chaque protagoniste apporte sa pierre à l’édifice, même avec un rôle à première vue mineur. Quand aux textes introductifs de chaque chapitre, si l’on se demande au début qui en est l’autrice, on finit par le comprendre au fil du récit, ce qui nous donne une information particulière que je ne dévoilerai pas ;-).
Bref, avec une construction ambitieuse et maîtrisée, des personnages que l’on suit, des péripéties qui ne nous laissent pas le temps de s’ennuyer, ce roman est un excellent moment de lecture. Une uchronie originale qui parvient à employer le mythe du vampire en lui donnant un coup de jeune. 🙂

Le 22.01.2018