La Cité des chimères

de Vania Prates, éditions La Geste, collection Snag Fiction, 2019, ISBN 978-2-490-15121-9, 18 €

L’histoire :

Céleste vit avec ses frères et sa mère dans un petit appartement encombré par les objets de l’Ancien Monde que vend la boutique familiale. Elle n’a pas de chi, ce qui permet à chacun de trouver sa voie en accord avec sa nature profonde, si bien qu’elle est corvéable à merci par ses frères. Toutefois, sa rencontre avec une jeune femme contrebandière, Calissa, va tout changer. Elle découvre grâce à elle qu’elle a bien un chi, un de ceux qui vous mettent à l’abri de tout, et déménage ainsi à Septentria, le pôle du savoir de Lowndon Field, l’ancienne Londres. Mais Calissa a des buts cachés, et Céleste a oublié d’être idiote…

Chronique :

Voici un roman qui m’a tentée dès sa sortie par son genre, la fantasy utopique, laquelle semble flirter avec la science-fiction, d’où une petite difficulté de classement. Je n’en avais encore jamais lu et j’étais curieuse. J’avoue ne pas avoir été déçue, car l’univers créé par l’autrice est intéressant, original, et ne demande qu’à être développé davantage. Les personnages sont solides, bien caractérisés, chacun doté d’une personnalité et de qualités/défauts très plausibles. La description de Septentria est assez fascinante, entre ses gardiens, les capacités de ses résidents, les immergeants, ses chemins de lumière et son labyrinthe… On se laisse guider avec plaisir en suivant Céleste, sans oublier ses nouveaux amis regroupés autour de Calissa dont l’intelligence et la détermination sont admirables. Elle revient de loin, les révélations à son sujet ne viennent que tardivement dans le roman, si bien qu’elle conserve une bonne part de mystère pendant très longtemps, la rendant intrigante.
Dans ce livre, une catastrophe a bouleversé le monde que nous connaissons, donnant naissance à un nouveau dans lequel la nature a repris ses droits. Face à cela, les êtres humains essaient de tirer les leçons du passé, de ne pas reproduire les mêmes erreurs, et tentent avant tout de vivre en accord avec eux-mêmes et la nature. Toutefois, pour éviter de tomber dans les mêmes écueils que leurs ancêtres, les habitants de Lowndon Field ont besoin de connaître les raisons de la chute de l’humanité. C’est là le rôle de Septentria.
Dans ce contexte, Céleste nous invite au plaisir de la découverte, son colocataire dévoile des blessures cachées, tandis que les gardiens demeurent bien en dessous de leurs capacités réelles, jusqu’à un certain événement. Enfin, l’humour n’est pas exempt du roman, il se manifeste par de petites touches discrètes et fines, ce qui le rend d’autant plus agréable à lire.
Bref, ce roman se lit avec aisance, très agréablement, et sa fin suggère qu’une suite serait à venir, ce dont on a bien envie pour découvrir comment Céleste et Calissa vont évoluer. 🙂

Le 04.06.2021