La Brigade des Loups

de Lilian Peschet, éditions Voy'[el].

L’histoire :

loup-garous policiers traque des loups meurtriers complot de l'arméeÀ Bucarest, la brigade du capitaine Vasile traque et neutralise les loups-garous agressifs. Ils sont cinq, chacun avec des compétences et un passé particuliers. Cinq à se retrouver pris dans la tourmente de la guerre et de la haine. Cinq à lutter pour survivre, conserver leur dignité et leur liberté. Cinq qui pourraient bien faire basculer l’issue d’un coup d’Etat que personne n’a vu venir et redonner une chance aux loups-garous et aux humains de vivre intelligemment ensemble.

Chronique :

J’ai ouvert ce livre et en tombant sur la première page, j’ai d’abord cru que l’auteur avait fait un récapitulatif historique des croyances et données scientifiques sur la lycanthropie. Et puis avec « Été 1992 », tout bascule et j’ai souri. J’ai souri jusqu’à la fin de cette introduction en italique qui plante le décor. Voici un roman qui, dès la première page, réussit à titiller votre intérêt, et la suite est du même acabit. Je l’ai trouvé habile, très bien construit, et cette lecture a été un pur bonheur. La narration est chorale, menée par chaque personnage de la brigade, à la première personne, et les récits qui s’entrecroisent dessinent peu à peu la situation. Chacun d’entre eux apporte son lot d’informations, sa pièce du puzzle, tout en nous entrainant dans son vécu, son ressenti, avec un style propre, parfois haletant.
On voit à travers leurs yeux la méfiance, la crainte puis la peur, qui conduit à l’agressivité et la pulsion de destruction. On voit la montée en puissance de la haine, la mise en place de la solution d’extermination et les laboratoires évoquent douloureusement les camps de concentration, avec le génocide qui se prépare. Les personnages se débattent au milieu de tout ça, essayant de rester fidèles à eux-mêmes, à leurs valeurs et à ceux qui comptent pour eux, tout en survivant.
Du début à la fin, l’auteur maîtrise son récit, nous tient en haleine, et lorsqu’on lit la nouvelle en bonus à la fin du livre, on retrouve un imaginaire toujours aussi inventif et malin. Dommage que des coquilles traînent par-ci par-là, mais elles sont suffisamment peu nombreuses pour ne pas gâcher le plaisir. Un roman que je recommande à ceux qui aiment les récits intelligents et bien structurés.

26.11.2015