La 25e heure #1

Tome 1 : Première enquête

de Feldrik Rivat, éditions de L’Homme sans Nom.

L’histoire :

enquête vol morts disparitions chrysanthème noir Paris fin XIXe siècleParis 1888. La tour Eiffel est en construction et l’hiver s’annonce rude. Louis Bertillon, tout jeune inspecteur de la Sûreté, va faire équipe avec Lacassagne, le meilleur limier du chef Goron. Il en est ravi, même si l’homme n’est pas commode, et encore moins bavard. Pour leur première enquête ensemble, ils doivent élucider une disparition de cadavre, une affaire qui se révèle beaucoup plus complexe que prévu et qui étend ses ramifications à tous les niveaux de l’État. De nombreux morts illustres sont enlevés et personne ne sait pourquoi. Mais Lacassagne n’est pas le meilleur pour rien, et marcher dans ses pas n’est pas sans péril…

Chronique :

Avec cette uchronie, l’auteur nous plonge dans le Paris de la fin du XIXe siècle, ses avancées technologiques et scientifiques, son goût pour l’ésotérisme et les sciences occultes, mais également les petits métiers et la vie rude d’une bonne partie de la population. Nous suivons Bertillon, jeune homme attachant, intelligent et curieux d’esprit,  rapidement supplanté par l’inspecteur Eudes Anatole-Faust Lacassagne qui lui vole la vedette. Il faut dire que nous avons là un personnage qui marque les esprits, intrigant, charismatique, dangereux, aussi aiguisé que la lame de sa canne-épée. Pour ma part, j’ai presque plus dévoré le livre pour en découvrir davantage sur lui que pour l’enquête en soi. Ce personnage est une véritable réussite et la tournure des événements à la fin ne fait que nous donner envie d’en savoir plus.
Lorsqu’on lit ce roman, l’important travail de documentation saute aux yeux, aussi bien pour décrire le Paris d’alors que pour les détails scientifiques, vêtements, objets, meubles et autres. D’ailleurs, les choses sont tellement bien faites que lorsque l’auteur y intègre des inventions de son cru, il est difficile de les distinguer de ce qui a réellement existé tant elles sont plausibles. On se laisse porter par les grandes enjambées du Khan, et le vocabulaire n’est pas en reste. Du soutenu à l’argot, on passe par tous les registres !
On plonge totalement dans cette époque révolue, tout en suivant l’enquête, dont la trame est complexe. De bout en bout, on se fait mener par le bout du nez, sans savoir où l’on va, et quand on arrive à la fin, on reste avec un certain nombre de questions. Qui emploie l’Américain ? Que devient le Khan ? Comment la situation va-t-elle évoluer sachant ce que l’on sait ? Comment va réagir le maître de l’Albus-Altus ? Où est passée la fiancée de Bertillon ?…
Bref, nous avons là un roman réussi malgré quelques coquilles, extrêmement prenant, où toutes les réponses sont loin d’être données, et qui nous immerge dans ce Paris de fin de siècle en ébullition. Porté par un personnage impressionnant pour lequel on ne souhaite qu’une chose, qu’il ne disparaisse pas avant longtemps, on ronge son frein pour connaître la suite, prévue en septembre 2016. L’attente sera longue !

Autre tome du diptyque :

2. Le Chrysanthème Noir (chronique)

morts vivants anarchiste uchronie science-fiction Paris XIXe siècle inventions steampunk

04.01.2016