La 25e heure #2

Tome 2 : Le Chrysanthème Noir

de Feldrik Rivat, éditions L’Homme sans Nom, 2016, ISBN 978-2-918541-27-1, 19.90 €

L’histoire :

morts vivants anarchiste uchronie science-fiction Paris XIXe siècle inventions steampunk Alors que Bertillon a été interné et que Lacassagne a disparu, Marie-François Goron, chef de la Sûreté de Paris, reprend l’enquête de ses deux agents, ce qui l’amène sur la piste d’anarchistes en même temps que du Chrysanthème Noir, puissante compagnie naissante. Dans le même temps, une certaine demoiselle dévoile un jeu et des aptitudes inattendues, tandis que les avancées technologiques et scientifiques sont en passe de révolutionner la vie et les sociétés dans le monde entier, attirant la convoitise de certains, sans remords et âpres au gain.

Chronique :

Alors que le tome 1 voyait le personnage du Khan dominer le récit de son imposante figure, dans ce volume-ci, le chef Goron devient notre guide, n’hésitant pas à aller sur le terrain avec ses hommes. Ce qu’il ignore, contrairement au lecteur, c’est qu’un autre groupe d’enquêteurs œuvre en parallèle, que nous suivons également, astuce qui nous permet d’en savoir plus que le personnage. Comme dans le premier opus, la trame est complexe, les indices et informations habilement dosés, et les fils s’entremêlent savamment, aussi bien pour nous présenter l’émergence de la Compagnie du Chrysanthème Noir, ses actes et aspirations, que pour nous guider sur les traces de l’assassin et poseur de bombes qui sévit dans Paris.
D’autre part, l’auteur nous propose d’habile manière, par l’intermédiaire du duc de l’Abey, de son épouse et de Constance Prud’hon, une réflexion syncrétique sur les religions et croyances passées quant à la vie après la mort, ainsi que sur la condition de la femme depuis des siècles. Les personnages ont des convictions et des valeurs, entendent faire bouger les choses, et se donnent les moyens d’y parvenir, pour l’humanité entière.
Enfin, le style est toujours aussi agréable, aussi travaillé, avec des jeux sur les mots parfois très fins, et une richesse de registres et de vocabulaire qui est un vrai bonheur.
Bref, nous avons là un second tome extrêmement riche, dense, réjouissant, qui nous offre une uchronie où des visionnaires abolissent partiellement les frontières entre morts et vivants, où la mort n’est plus considérée comme une chose effroyable et définitive, et où la maxime de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » n’est pas lettre morte. On aurait bien envie de voir se poursuivre les aventures des personnages, car on s’y attache, il est difficile de les quitter, d’autant que chacun à leur manière, ils évoluent. Ce diptyque est une réussite, il ne baisse pas de régime sur le tome 2, avec un imaginaire original et une écriture qui font qu’on le dévore. 🙂

Autre tome du diptyque :

  1. La 25e heure (chronique)

enquête vol morts disparitions chrysanthème noir Paris fin XIXe siècle

Le 12.12.2016