Journal d’un marchand de rêves

par Anthelme Hauchecorne, éditions French Pulp, 2018, ISBN 979-1-0251-0368-5, 18 € en version papier ou 979-1-0251-0369-2, 11.99 € e-book.

L’histoire :

Walter Krowley est fils d’acteur et d’actrice, vit à Hollywood, mais n’a aucun talent particulier. Adolescent, il enchaîne les frasques avec son ami Trevor Trump, jusqu’au soir où tout bascule. Walter découvre Doowylloh dans le monde du rêve, et surtout Brumaire, dont il ne sortira pas indemne. En Brumaire, il y a le sable, une substance qui, une fois ingérée, décuple la créativité. Walter en fait l’expérience et malgré les dangers de Brumaire, de ses automates et des Outlaws, il est prêt à tout pour y retourner. Sans oublier également la présence de Banshee, son premier amour…

Chronique :

Voici un roman que j’ai choisi par curiosité, car il me semblait original, et c’est exactement le cas. Difficilement classable, je le mettrais dans la catégorie SF à cause de ses aspects steampunk, mais s’il y avait une catégorie onirisme, c’est plutôt dans celle-là que je le rangerais 🙂
En effet, ce roman narré à la première personne nous présente un envers du décor qui se situe dans le monde des rêves, pour certains dormeurs. Tous n’y ont pas accès et Walter découvre un univers très réglementé par le Gouverneur, qui ne lésine ni sur la propagande, ni sur la force brute, et qui utilise les êtres comme des pions sacrifiables. Walter se retrouve ainsi propulsé en Brumaire où on l’affuble de la fonction de cartographe, accompagné d’un drone plus encombrant qu’autre chose. Or, l’espérance de vie dans cette profession est on ne peut plus courte, comme il va s’en apercevoir très vite. Ce n’est que grâce à l’intervention de Banshee qu’il va éviter de dormir définitivement et découvrir les Outlaws.
Bien qu’une partie de l’histoire se passe dans le monde de l’éveil qui est le nôtre, la majorité a lieu dans le rêve à suivre les péripéties de Walter. Cet autre univers titille la curiosité, et si on s’y intéresse, c’est aussi pour suivre le personnage, même s’il n’a pas grand-chose d’un héros. Le style que lui prête l’auteur y est pour beaucoup, à la fois fluide et travaillé, auquel s’ajoute une bonne dose d’autodérision. Les références sont assez nombreuses, et certaines m’auront sans doute échappé, ce qui donne une lecture assez jubilatoire. Malgré tout, au bout d’un moment, j’ai commencé à trouver le temps long, à ne pas savoir où on nous emmenait, et heureusement la fin s’est profilée avec un sens du timing bien inspiré. La toute fin reste ouverte, même si on se doute du choix de Walter, et on referme le livre avec une impression de dépaysement total.
Bref, j’ai beaucoup apprécié ce roman car il m’a proposé une histoire qui ne ressemble pas à ce que j’ai déjà pu lire et la plume de l’auteur est très agréable à lire. J’ai ri ou souri à plusieurs reprises, Walter ne manquant pas de verve, et l’imaginaire développé dans ce livre était à la fois cohérent et dépaysant. Je lui ai trouvé aussi un petit côté cinématographique, et c’est à se demander si l’auteur ne tend pas une perche en forme de clin d’œil pour une éventuelle adaptation visuelle 😉 La boucle en serait bouclée ! Toujours est-il que je le recommande à qui voudrait tester un imaginaire différent de ce que l’on trouve habituellement 🙂

Le 23.04.2019

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