Jon Shannow #1

Tome 1 : Le loup dans l’ombre

de David Gemmell, éditions Bragelonne, 2018, ISBN 979-1-0281-0642-3, 7.90 €

L’histoire :

Dans un monde post-apocalyptique aussi rude et sauvage que le far west, Jon Shannow est un homme solitaire en quête de Jérusalem, la ville sainte. Sur sa route, il aide les honnêtes gens en traquant les Brigands, lesquels pullulent dans ce monde où règne à nouveau la loi du plus fort.
Suite à une prophétie qui présente Jon comme une menace, le roi des Chiens de l’enfer, Abaddon, ordonne sa mort et l’enlèvement de la femme qu’il aime. Elle doit être sacrifiée pour récupérer la puissance des pouvoirs qu’elle renferme. Jon en fait une affaire personnelle, doublée d’une mission divine puisque les Chiens de l’enfer tuent et détruisent tout sur leur passage, pratiquant de sinistres rituels sanglants…

Chronique :

Voici un livre qui m’a laissé une forte impression de déjà-vu. Aussi bien écrit et construit que tous les autres de Gemmell que j’ai pu lire, j’y ai trouvé des motifs assez récurrents dans ses diverses œuvres : les pouvoirs psychiques avec voyage astral, le voyou qui trouve la rédemption contre toute attente en prenant la défense des innocents, qui devient un véritable guide, le loup solitaire que rien n’arrête, prêt à parcourir le monde pour la femme qu’il aime…
L’originalité se situe plutôt dans l’univers qui voit évoluer les personnages, ce monde dans lequel la Terre a basculé sur son axe, provoquant une catastrophe écologique et l’effondrement des civilisations. La technologie et les grandes cités ont quasiment disparues, et on comprend rapidement que la quête de Jon Shannow est impossible ou presque. S’ajoute à cela la perte de nombreuses connaissances et les divers fanatismes que de tels événements peuvent engendrer.
Dans ce roman, la Bible est centrale, mais si elle sert de guide à Shannow et si elle est citée par de nombreux personnages, il apparaît limpide que chacun lui fait dire ce qui l’arrange, et qu’elle est parfois le prétexte à la justification de comportements parfaitement condamnables. Il y a donc une critique des religions, présentées plutôt comme un moyen d’asservir et d’abêtir les hommes que de les élever. Paradoxalement, les personnages les plus fréquentables sont ceux qui ne croient pas, car ils se montrent plus tolérants que les autres.
Quant au récit, il est bien rythmé, équilibré, et se lit sans décrocher, avec l’impression tenace d’avoir été projeté dans l’ouest américain, où les revolvers avaient tendance à faire la loi.
Bref, c’est un roman bien écrit, solide et distrayant, qui propose également une réflexion sur la religion, et dont l’univers est à la fois riche et complexe. Un bon moment de lecture 🙂

Autres titres de la série :

Tome 2 : L’ultime sentinelle
Tome 3 : Pierre de sang

Le 20.07.2018