Fog

de Frank Herbert, éditions Bragelonne, 2011, ISBN 978-2-8205-0156-1, 5.99 € en e-book ou ISBN 979-10-281-0445-0, 6.90 € en version papier.

L’histoire :

Tôt le matin, un tremblement de terre frappe Salisbury en Angleterre. Pris dans la fissure qui coupe le village en deux, John se retrouve exposé à un étrange brouillard jaune alors qu’il s’efforce de remonter à la surface avec une petite fille rescapée. Tandis qu’il se remet à l’hôpital, des crises de folie semblent frapper les gens pris dans le brouillard, jusqu’à ce qu’une ville entière en soit baignée et que les autorités ne puissent plus mettre en doute sa version des faits. S’engage alors une course contre la montre pour neutraliser la menace tout en sauvegardant la population, ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’on parle de millions de personnes…

Chronique :

Voici un roman qui est depuis longtemps dans ma PAL (Pile à Lire) et que je me suis enfin décidée à découvrir. Je l’ai lu assez rapidement, il est plutôt prenant, toutefois je n’en garde pas un souvenir impérissable. L’écriture m’a semblé un peu datée dans son style, dans la manière de présenter les femmes en particulier, mais cela est assez cohérent avec l’époque où se déroule l’action, avant le développement du tout numérique. Dans ce livre, ce qui nous tient en haleine vient davantage de la situation en elle-même que de la rédaction. On a envie de savoir ce qu’est ce brouillard, d’où il vient, puis de découvrir comment il va être vaincu.
Pour autant, ce livre est soigneusement construit, l’auteur procède en mosaïque, et les scènes horrifiques se multiplient, allant crescendo. Le lecteur se sent concerné du fait que l’on nous présente des personnages secondaires en les détaillant du point de vue de leur histoire, et en les confrontant à l’impensable avant de les faire succomber… Ce sont des tranches de vie ordinaire, interrompues par l’extraordinaire, sans même que les protagonistes en aient parfois conscience.
L’ascenseur émotionnel ne tient pas tant à la surprise, car on voit venir les différentes catastrophes, mais plutôt au fait que même si l’on a compris ce qui va arriver, on demeure des spectateurs impuissants. D’autre part, un certain cynisme se dégage des personnages en charge de l’autorité, et le regard de John sur leur attitude, sur le choix de ceux qui seront sauvés ou non, est sans concession. Dans leur grande majorité, les gens sont livrés à eux-mêmes, et ceux que l’on a mis à l’abri ne sont pas tous indispensables à la résolution de la crise…
Le suspense tient, quant à lui, à l’avancée inexorable de ce brouillard, contre lequel les autorités ont du mal à lutter, et de son comportement. Comme nous voyons essentiellement les choses avec le regard de John lorsqu’il y est confronté, il laisse planer un doute sur une forme de conscience et de volonté propre, ce qui ajoute une dose de frisson à l’horreur des scènes qui nous sont décrites.
Bref, c’est un roman qui se lit bien, construit avec soin, mais pour lequel on sent déjà le passage des années, ce qui est dommage. Il y a tout de même de quoi passer un bon moment, alors s’il vous fait envie, ne vous privez pas. 😉

Le 30.04.2021