Burton & Swinburne #1

Tome 1 : L’étrange affaire de Spring Heeled Jack

de Mark Hodder, éditions Bragelonne, 2013, ISBN 978-2-8205-0962-8, 12.99 € en e-book ou 28 € en version papier.

L’histoire :

Lorsque Sir Richard Francis Burton, célèbre explorateur, apprend que son ami Speke s’est tiré une balle dans la tête alors qu’ils devaient débattre de la source du Nil à la Royal Geographical Society, il est effondré. Un soir d’enivrement, il se fait attaquer par une étrange créature montée sur échasses, qui lui ordonne de se mêler de ses affaires après l’avoir roué de coups. Peu après, une opportunité de changer de voie se présente à lui, et il devient agent de la Couronne. Il est alors chargé d’enquêter à la fois sur de mystérieux hommes-loups et sur Spring Heeled Jack, celui qui l’a attaqué, par le Premier ministre…

Chronique :

Voici un roman steampunk qui nous présente la société victorienne dans une version alternative, tout en reprenant des personnages ayant véritablement existé. Dès le début, le style et les personnages font que l’on se laisse emporter par l’histoire, où il apparaît rapidement que le temps joue un rôle crucial, mais pas dans son sens le plus courant. Dans cette réalité alternative, la science est sans conscience, toutes les expérimentations sont osées, avec des résultats plus ou moins probants, quand ils ne sont pas horrifiques. Chiens coursiers, perroquets messagers orduriers, systèmes de transport aérien individuels ou collectifs… La diversité de cet univers est foisonnante, tout en restant globalement plausible. Du reste, elle est mise au service de l’histoire sans la supplanter, ce qui est très agréable.
Avec elle cohabitent des pratiques spirites, au rang desquelles l’hypnose figure en bonne place, mais pas seulement. Du fait de ses nombreux voyages et de sa curiosité pour les peuples autochtones, Burton maîtrise certaines capacités, ce qui lui est bien utile dans ses recherches.
L’intrigue est solide, et si on se doute des origines de Spring Heeled Jack, son but final nous échappe sur la grande majorité du roman. En revanche, les rebondissements dans l’enquête de Burton, à laquelle il allie finalement Swinburne pour son propre bien, ne cessent de nous tenir en haleine, bien que l’ouvrage soit épais.
Le roman se lit avec plaisir, aisément, et les ambiances sont bien rendues. Même dans cette vision alternative, la société victorienne demeure corsetée, éminemment patriarcale, et on peut regretter que dans ce roman, les femmes n’aient quasiment qu’un rôle figuratif. Les personnages sont des hommes de leur temps, nullement progressistes, et les femmes sont donc essentiellement à leur service, ce qui est dommage.
Bref, il s’agit d’un roman qui se lit sans difficulté, bien construit, imaginatif et qui nous dépayse, tout en jouant sur un motif récurrent en science-fiction lié au temps (je vous laisse le découvrir). 😉

Autre titre de la série :

Tome 2 : L’étrange cas de l’homme mécanique

Le 24.03.2021