Wyld #1

Tome 1 : La mort ou la gloire

de Nicholas Eames, éditions Bragelonne, 2019, ISBN 979-10-281-0766-6, 18.90 €

L’histoire :

Saga était une roquebande fameuse en son temps, un groupe de mercenaires qui ne redoutaient pas d’affronter les monstres du Wyld, avec succès. Gabe le Magnifique, ancien membre de Saga, vient trouver Clay un soir, un de ses anciens compagnons. Il le supplie de l’aider à reformer leur groupe, car sa fille est partie à Castia, une cité assiégée par une horde monumentale, et elle a peu de chances d’en réchapper. Les deux hommes prennent la route pour retrouver les autres, mais les péripéties sont nombreuses, et ils n’ont plus vingt ans !

Chronique :

Dès la lecture de la quatrième de couverture, j’ai trouvé l’idée de ce roman tentante. Pas celle de la demoiselle en détresse qu’il faut aller secourir, mais celle de ces mercenaires vieillissants qui reforment leur groupe pour un combat épique, sans espoir, qui sera sans doute le dernier.
L’univers dans lequel les personnages évoluent grouille de dangers et de monstres de toutes sortes, certains féroces et d’autres plus fréquentables. Le plus terrible, celui que tous craignent, n’est d’ailleurs pas une créature, mais une maladie. L’auteur a repris des êtres des contes et légendes, mais il en a aussi inventés d’autres, si bien que l’imaginaire développé ici est foisonnant, rappelant un peu les Livres dont vous êtes le héros ou un jeu comme Heroes of Might and Magic. On y trouve aussi des clins d’œil à la pop culture, comme le nom du vaisseau de Griffalouette entre autres 😉
L’action et le suspense sont constants, les péripéties s’enchaînent, et le regard de cette génération de roquebande sur les nouvelles générations et ce qu’est devenu leur « métier » est plutôt intéressant…et drôle. L’humour est d’ailleurs très présent tout au long du récit, car les personnages sont très différents et les observations de Clay sur eux, ou sur lui-même, ne manquent pas de dérision. Il est le héros dans l’ombre, alors que Gabe a toujours été dans la lumière, mais sans Clay, il n’y aurait pas de Saga. Il est parfaitement lucide, se rend compte que l’entreprise relève du suicide, mais sa conscience et l’amitié le poussent à tenter l’aventure, par loyauté et par empathie.
Les personnages sont attachants, chacun à leur manière, et le temps a réservé une évolution particulière à chacun d’eux, sauf à Ganelon, mais je ne vous dirai pas pourquoi 😉 Le personnage de Kit également est très drôle, bien trouvé, et il apporte un peu de légèreté avec Moog dans des situations où l’atmosphère pourrait vite devenir lourde, sinistre ou angoissante.
Ce roman m’a fait penser à un film comme Red, version fantasy épique et jeu de rôle. On ne s’ennuie pas, il est divertissant, et mené tambour battant. Par contre, il fait preuve aussi d’une certaine profondeur car il aborde également la question de l’âge, du temps qui passe, des écarts entre les générations et de la transmission, mais aussi des choix opérés dans la vie et de leurs conséquences.
La construction de l’intrigue est maligne, elle nous surprend à plusieurs reprises, et si la fin est prévisible vu le ton employé, on passe malgré tout un excellent moment.
Bref, si ce roman m’a beaucoup plu par son côté…ludique, j’ai également apprécié les thèmes abordés en filigrane et le choix de personnages qui ne sont pas des jeunes dans la force de l’âge, mais des hommes qui ont déjà vécu, avec leur forces et leurs faiblesses, leurs regrets, et qui s’efforcent de continuer à avancer envers et contre tout, même dans une situation désespérée. Une histoire d’amitié également, une famille de cœur forgée dans les épreuves et la douleur, vers qui se tourner lorsqu’il n’y a plus rien d’autre pour faire face… Je suis curieuse de découvrir le tome 2 !

Autre titre de la série :

Tome 2 : Rose de sang

Le 03.01.2020