Les petites fées de New York

de Martin Millar, éditions Gallimard (folio SF), 2015, ISBN 978-2-07-046509-5, 8.20 €.

L’histoire :

fées New York fuite guerre alliance émancipation liberté chamailleries influenceHeather et Morag sont deux petites fées écossaises qui se retrouvent perdues à New York sur la 4e Avenue. Dans Central Park, un autre groupe de fées, anglaises, a fui devant le despotisme grandissant du roi Tala. Rapidement, Heather et Morag tentent de venir en aide aux humains chez qui elles ont élu domicile. Malheureusement, elles sont plus douées pour provoquer des catastrophes que pour arranger les choses… d’autant plus qu’elles ne sont pas les seules fées de la ville, où plusieurs communautés venues avec les familles humaines séjournent.

Chronique :

Au départ, ce livre ressemble à un puzzle. L’auteur nous donne des petits bouts d’histoires différentes, sans lien les unes avec les autres, et il faut accepter de se laisser mener pour voir peu à peu se dessiner le tableau d’ensemble. Les petites fées ont du tempérament, sont hautes en couleur, et Heather comme Morag sont de véritables catastrophes ambulantes. Une partie de leurs déboires vient de leur méconnaissance des us et coutumes locaux, mais l’autre provient de leur orgueil et de leur caractère de cochon. Malgré tout, elles sont attachantes car elles ont bon cœur, et on ne peut pas s’empêcher de sourire devant leur entêtement, leur vantardise ou leur mauvaise foi.
Chaque personnage a une vraie personnalité, ce qui le rend intéressant, et la difficulté, pour un néophyte, pourrait résider dans la méconnaissance de certaines créatures de la mythologie celtique. Malgré tout, le récit est agréable, on se surprend à sourire plus d’une fois, et l’auteur tisse habilement les fils de son histoire pour parvenir à un dénouement pour le moins original.
En fond, on voit une critique en accéléré de l’histoire des sociétés humaines et on comprend que les visées du roi Tala prennent mauvaise tournure vu la propension très naturelle des fées à profiter de la vie, faire la fête, boire et faire l’amour que de se tuer à la tâche dans des usines. Le modèle humain ne leur convient pas, et c’est tant mieux, car elles sont plus heureuses, tandis que Martin Millar en profite au passage pour faire un clin d’œil à Shakespeare et au Songe d’une nuit d’été.
Bref, c’est un petit roman qui se lit très bien, qui fait du bien en écartant la morosité, et on se surprend à trouver ces fées de bonne compagnie malgré leur tendance aux initiatives calamiteuses. 🙂

Le 23.05.2016

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