Le souper des maléfices

de Christophe Arleston, éditions ActuSF, 2016, ISBN 978-2-36629-824-6, 19 €

L’histoire :

humour fantasy magie politique alimentation nourritureAgent Subalterne au service du dynarque de Slarance, cité portuaire enrichie par le commerce, Zéphyrelle est chargée de mener l’enquête. En effet, tous les agents du renseignement se font assassiner, tandis que depuis des mois, un grain suspect monopolise les champs, les moulins et les étals de la ville. Il en découle un pain de mauvaise qualité, insipide, de même que la bière fabriquée avec cette céréale. En plus de ces piètres qualités gustatives, leurs consommateurs tombent comme des mouches, sans pouvoir se départir d’une forme d’addiction sévère qui les conduit au cimetière. Zéphyrelle se lance donc dans la chasse aux informations, multipliant les identités d’emprunt, et ce faisant croise la route d’un curieux cuisinier…

Chronique :

Avec ce roman de fantasy, l’auteur de Lanfeust de Troy nous propose une enquête pleine d’aventure, haute en couleur, assaisonnée d’humour, et à s’en pourlécher les babines. L’art culinaire est mis à l’honneur, avec un personnage passionné par la cuisine, tout en dénonçant les pratiques de marchands avides, qui n’hésitent pas à empoisonner toute une population à petit feu, dans le seul but de faire du profit. Le parallèle avec certaines multinationales, qui trafiquent les plantes et semences afin de s’enrichir sur le dos des agriculteurs et consommateurs, sans égard pour leur santé, est vite fait et ne vous échappera pas.
Les personnages sont attachants, l’humour constant mais léger, quant à la construction, elle est non seulement solide, mais habile. L’auteur sème des indices, des petites informations au cours du récit, et ce n’est qu’à partir d’un certain point qu’ils sont éclaircis, avec habileté. J’ai beaucoup apprécié l’astuce de Fanalpe et ses conséquences, ainsi que la manière dont elle est amenée.
De même, le dénouement ne manque pas de drôlerie, avec des rebondissements et des retournements savoureux. La scène du jugement est particulièrement jubilatoire, autant par ce qui s’y passe que par la manière de décrire les réactions de la foule et des personnages. Quant au dynarque, la qualité de ses silences ont fait sa légende et on goûte leurs effets avec plaisir.
Bref, voici un roman avec lequel on passe un très bon moment, dont les personnages sont bien sympathiques, et dont la critique sous-jacente n’est pas inintéressante. Aucun regret !

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Le 09.11.2017

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