Le magicien furieux

de Cyriane Delanghe, éditions Voy'[el], 2018, ISBN 978-2-3647-5418-8, 5.99 € (e-book)

L’histoire :

fantasy magie guérisseur amour dragonsLe roi Balthazar, magicien de son état, a été frappé par une malédiction. Peu à peu, il se transforme en statue de pierre sur son trône, un sort qu’il doit à sa mère pour le punir d’avoir plongé ses sujets dans une nuit sans fin. Le seul moyen pour lui de rompre le maléfice est de cesser de ne penser qu’à lui et de s’ouvrir à nouveau aux autres. Toutefois, le roi a oublié ce qu’est d’écouter son cœur et sa mère s’inquiète de le voir sombrer définitivement. Elle met alors sur sa route un guérisseur de talent au tempérament jovial, afin qu’il apporte un peu de sa lumière à son fils. Qui sait si, à la longue, il ne parviendra pas à le faire changer et revenir vers celui qu’elle a connu enfant ?

Chronique :

Je remercie les éditions Voy'[el] pour ce service de presse, servi par une très belle couverture.
L’histoire est construite comme un conte, elle commence d’ailleurs par « Il était une fois… » et emploie magie, magiciens, dragons, trolls et autres créatures fantastiques… On pourrait dire qu’elle est bâtie en deux parties : les soins visant à la guérison du roi, les deux protagonistes qui s’apprivoisent, et la guerre, avec son lot de décisions difficiles et ses horreurs.
Dans la première partie, les échanges entre Dervan et le roi sont parfois savoureux, surtout que le guérisseur ne se laisse pas impressionner par son patient récalcitrant. Toutefois, la trame est plutôt simple et le royaume nous est assez peu décrit.
À mon sens, la deuxième partie du récit est plus intéressante. L’autrice complexifie sa trame, développe des éléments esquissés dans la partie précédente, et surtout, elle fait usage d’une particularité des contes, le décalage temporel. Je n’en dis pas plus pour ne rien dévoiler. 😉
L’un des points qui m’a chagrinée concerne le style. J’avoue qu’il m’a déçue dans le sens où il m’a semblé passe-partout, tellement sobre qu’il ne se distingue pas. Il faut dire que je venais de terminer Manesh, de Stefan Platteau, donc le contraste s’est révélé important. Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour me caler dans cette narration.
Dans ce livre, de nombreux thèmes sont abordés, le regard de l’autre, la tolérance, la responsabilité, l’égoïsme, l’ouverture aux autres et son contraire, l’amour, le sacrifice, le doute, le pardon, pour soi et pour les autres, la compréhension… Ils foisonnent, si bien qu’aucun n’est vraiment creusé, ce qui laisse un goût d’inachevé. Le roi avance sur le chemin de sa propre rédemption, et qu’il soit homosexuel ne change pas grand-chose, ses préoccupations n’étant pas différentes de celles de tout un chacun, avec des émotions, des craintes, des espoirs, des interrogations et des sentiments similaires, quelle que soit la personne pour laquelle son cœur bat. D’ailleurs, ses sujets finissent par dire qu’ils se moquent de ses préférences sexuelles du moment qu’il fait bien son travail, i.e. gouverner.
Bref, ce roman contient des éléments intéressants, il se lit facilement, mais je regrette que certains sujets ne soient qu’effleurés et que la construction du récit ne soit pas plus étoffée, surtout dans sa première partie.

Le 11.04.2018

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