Le Dompteur d’Avalanches

de Margot Delorme, éditions Les moutons électriques, 2018, ISBN 978-2-3618-3506-4, 7.99 € en e-book ou ISBN 978-2-36183-505-7, 16.90 € en version brochée.

L’histoire :

montagnes don divinités lutte pouvoirs animaux religion intolérance meurtres traque malignitéDitto est un adolescent qui vit dans la montagne avec sa famille, dans un village plutôt pauvre. Alors qu’il accompagne des ânes jusqu’à un point de rendez-vous avec des randonneurs, il se fait attaquer par un dragon-cristal. Tandis qu’il est piégé et risque de se faire dévorer, une avalanche se produit, engloutissant l’animal et l’épargnant miraculeusement. Il se découvre ainsi un don d’écouleur, qui lui vaut d’être traqué et haï, et dans le même temps, qui lui fait rencontrer des alliés inattendus, tandis que son don fait l’objet de bien des convoitises…

Chronique :

Voici un roman que j’ai lu par curiosité, intriguée par l’idée de découvrir une mythologie propre aux alpages et à la montagne. Si ce livre est original et ne ressemble à aucun que j’ai lu, j’avoue qu’il m’a laissée un peu perplexe au final.
Tout du long, j’ai eu une impression de flottement, de ne pas trop savoir où l’autrice nous emmenait ou voulait nous emmener. La fin me laisse d’ailleurs un goût d’inachevé, aussi abrupte que les sommets montagneux.
J’ai apprécié les compagnons de route de Ditto, leur humour et leur caractère, les différents talents des Ardents, le cheminement de l’adolescent… La mythologie du monde dans lequel évolue le garçon est intrigante, toutefois on n’en sait finalement assez peu, juste qu’il y a eu un conflit entre les dieux, aux répercussions encore sensibles à l’époque de notre jeune « héros ». La société se dessine davantage, avec une mainmise de la religion, acoquinée avec le pouvoir militaire. Les hommes sont décrits comme de courte vue, bornés, intolérants, haïssant aussitôt ceux qui révèlent un don, quand bien même ils les auraient connu depuis l’enfance… Cette intolérance est entretenue par la religion, et le pouvoir, sa confiscation, sont un enjeu qui se cache derrière la soi-disant éducation donnée aux paysans par les prêtres.
Ce qui occupe vraiment beaucoup de place dans le récit, ce sont les descriptions de paysages, de la faune et de la flore, avec une grosse quantité de vocabulaire et un travail sur le style évident. Les notes pour éclaircissements sont assez nombreuses, ce qui apporte des explications sur l’univers de l’autrice, toutefois elles ont le désavantage de casser un peu le rythme de lecture en interrompant le fil du récit.
La montagne est presque un personnage à elle seule, extrêmement présente, voire écrasante, un univers à part entière, avec ses règles, ses dangers, ses habitants…
Bref, il s’agit d’un roman de fantasy atypique, avec une identité propre, pour lequel toutefois la fin se révèle abrupte, peut-être à dessein…

Le 14.09.2018

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