La Maîtresse de guerre

de Gabriel Katz, éditions Pocket, 2016, ISBN 978-2-266-26047-3, 8.50 €.

L’histoire :

apprentissage guerre combat femme ruse tactique amour vengeance trahison esclavage guerrière armées épéesKaelyn rêve de devenir Maîtresse de guerre, chose impossible pour une femme dans son pays. Elle s’engage alors dans l’armée des Libérateurs, qui part en guerre contre le royaume d’Azman où l’esclavage sévit toujours. Toutefois, à la première bataille, rien ne se passe comme prévu et elle se retrouve prisonnière. Dès lors, seuls son audace, son intelligence, sa ténacité et une bonne dose de chance lui offrent l’occasion de se rapprocher de son but. Car  dans un monde éminemment masculin, ce ne sont pas seulement les adversaires ou les ennemis qu’elle doit surpasser…

Chronique :

Ce roman, je l’ai dévoré en une après-midi. D’emblée, le récit m’a accrochée, autant par un style fluide, qui se lit sans peine, que par le personnage de Kaelyn, jeune fille déterminée en plein apprentissage, à la fois de la vie et du métier de guerrière. Atypique pour le monde dans lequel elle évolue,  elle doit lutter pour sa liberté, son identité, sa vie et ses aspirations, et les obstacles sont de taille ! De son village du Nordland au royaume Azman, le mode patriarcal domine, si bien qu’elle est difficilement prise au sérieux. Du coup, elle doit redoubler d’efforts et d’acharnement, mais également prendre des risques pour s’imposer, tout en s’efforçant de ne pas se mettre les puissants à dos… L’autre personnage qui partage la vedette avec elle, Hadrian, est assez marquant, bien qu’il soit difficile de le trouver sympathique.
Toujours est-il que l’intrigue est solide, gagne en intensité et en complexité au fil du récit, et on suit notre héroïne du début à la fin en retenant pratiquement notre souffle. À travers le regard de Kaelyn se dessine une critique des propagandes de guerre qui servent à justifier cette dernière, elle s’aperçoit que les choses ne sont ni blanches, ni noires, et les manœuvres politiques tout comme les ego surdimensionnés empoisonnent les hautes sphères du pouvoir.
Bref, dans ce récit se retrouve tout un chaudron bouillonnant de passions humaines, relevé d’un discret soupçon de magie, ce qui ne l’empêche pas d’être également un roman initiatique où le personnage principal se construit petit à petit. De quoi passer un excellent moment, à la fois distrayant et dépaysant.

Le 29.04.2016