La Main de l’Empereur #2

Tome 2

par Olivier Gay, éditions Bragelonne, 2018, ISBN 979-1-0281-0289-0, 7.90 € ou ISBN 979-1-0281-1112-0, 5.99 € en e-book.

L’histoire :

Alors qu’il rentre à Musheim en compagnie de l’Empereur et de l’armée, Rekk se voit ordonner d’aller prêter main forte au jeune duc Gundron dont la famille vient d’être massacrée. Comme toujours redoutable d’efficacité, le jeune général se voit ensuite confier le commandement des troupes sensées conquérir les territoires de l’Est. Toutefois, Rekk s’y oppose et finit par devenir prévôt de Musheim, révolté par l’insécurité et la corruption qui règnent à tous les niveaux. Ses méthodes expéditives ne lui font pas que des alliés, et certains finissent par vouloir sa tête. Embarrassé mais conscient de la valeur d’un tel combattant, l’Empereur fait alors en sorte de le garder sous le coude…

Chronique :

Avec la fin de ce diptyque, la boucle est bouclée concernant le passé de Rekk. Nous découvrons enfin le détail des événements évoqués dans Les Épées de glace, et s’il y a une chose qui ressort de toute l’histoire, c’est que la manipulation et la trahison règnent. Elles sont responsables de son malheur. Du début à la fin, il apparaît qu’on se sert du jeune homme, qu’on l’instrumentalise, qu’on le pousse dans certaines directions dans l’intérêt des puissants. Finalement, même Dareen adopte des méthodes similaires à celles de l’Empereur pour se venger, et Rekk n’a alors conscience de rien.
Toutes ces manigances, ces trahisons aboutissent au personnage glacial que l’on a découvert dans Les Épées de glace, et on pourrait dire que le talent de l’ancien gladiateur pour le combat représente presque une malédiction. S’il lui a permis de survivre dans des situations où d’autres seraient morts depuis longtemps, s’il a modifié le cours de la guerre, il a attiré sur lui l’attention de personnages sans égard pour son désir de justice. Face à son entêtement et à sa dangerosité, ils ont joué sur la part de candeur et de naïveté qu’il conservait encore, lesquelles sont finalement mortes au terme de ce second tome. Par certains aspects, Rekk a un côté tragique, dans le sens où le destin se montre cruel avec lui de bout en bout, lui retirant tout petit à petit. Il a beau se battre, être un combattant exceptionnel, certaines forces le dépassent. On en viendrait à le plaindre, même s’il n’est pas le genre d’homme qui suscite la pitié. L’ironie de la chose est que contrairement aux tragédies classiques, ce n’est pas lui qui meurt à la fin, c’est lui qui reste, avec ses fantômes…
Du point de vue de la construction du récit, tout est maîtrisé, le rythme est soutenu, et l’attention ne baisse pas. Les événements s’enchaînent de manière fluide, on suit le récit sans difficulté, et on se laisse emporter, avec des frémissements par moment lorsque l’on perçoit le drame qui va se jouer. L’auteur joue avec nous, et avec brio 🙂
Bref, j’ai dévoré ce dernier tome, avide de connaître les tenants et les aboutissants de l’histoire, tout en regrettant de quitter un personnage aussi marquant, pour lequel on aurait envie qu’enfin un peu de justice lui soit rendue, même si vu son caractère, la chose paraît improbable… Excellent, du début à la fin !

Autre tome de la série :

Tome 1 : La main de l’empereur 1 (chronique)

Dans le même univers, la série Les épées de glace :

Tome 1 : Le sang sur la lame (chronique)
Tome 2 : Le châtiment de l’empire (chronique)

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Le 03.05.2019