La fille de Belle

de Sophie Audouin-Mamikonian, éditions de la Martinière jeunesse.

L’histoire :

La fille de BelleSouvenez-vous du conte de La Belle et la Bête. Ici, on a imaginé la suite. Grâce à Belle, la malédiction de la Bête a été levée. Ils se sont mariés et leur premier enfant vient à naître… Seulement voilà, des traces de la malédiction ont été transmises au bébé, Isabelle, qui est capable de se transformer en Bête à volonté. Si cela lui confère un certain nombre d’avantages, par d’autres aspects c’est assez gênant, car elle est l’héritière du trône de Lancovit. Entre la peur de ses futurs sujets et l’ambition du Duc de Drator, Isabelle va devoir apprendre à composer avec sa part bestiale et en tirer le meilleur parti…surtout quand un complot risque de faire basculer le royaume et AutreMonde dans une guerre totale !

Chronique :

Pour ceux qui auraient lu la série Tara Duncan, on retrouve avec plaisir AutreMonde, sa magie, ses sortceliers et on découvre avec plaisir les ancêtres de Moineau. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce n’est pas vraiment un problème, étant donné que le récit se situe 450 ans avant la série en question et que les références qui le parsèment concernent essentiellement la mise en place de certaines structures, que je ne nommerai pas pour préserver la surprise, ou les racines de certains personnages emblématiques (les Dal Salan qui ne sont pas encore Dal…). Bref, les fans apprécieront les clins d’œil, les autres ne les verront pas mais leur plaisir n’en sera pas gâché pour autant.
Indépendant de la saga par ce large recul temporel, ce roman se lit davantage comme une suite au conte de La Belle et la Bête, version « autremondienne » et non terrienne. Pas de panique, l’auteur vous explique tout et un lexique vous attend à la fin du livre pour plus d’informations. Comme avec Tara Duncan, on apprécie l’humour qui reste toujours présent, y compris dans les scènes à tonalité grave, et l’auteure nous campe une jeune princesse au caractère bien trempé, intelligente et déterminée. L’amour est omniprésent, qu’il soit parental, filial, fraternel ou avec un grand A, et voir évoluer Isabelle, la voir grandir et s’affirmer est un vrai plaisir.
Comme toujours, Sophie Audouin-Mamikonian évoque des choses belles, graves ou légères avec simplicité et une bienveillance face à ses personnages qui les rend d’autant plus attachants. Même s’ils commettent des erreurs, ils apprennent, avancent, essaient d’en tirer les leçons et de s’améliorer… Bref, ils vivent, avec la certitude que même dans les heures sombres, il peut y avoir des lendemains meilleurs, notamment grâce au soutien de ceux qui les aiment. Une lecture résolument optimiste 🙂

06.11.2015