Harry Potter et l’enfant maudit

de J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne, éditions Gallimard jeunesse, 2016, ISBN 978-2-07-507420-9, 21 €

L’histoire :

sorciers Voldemort magie Mal famille parents enfants adolescence culpabilité responsabilité amitiéAdolescent, le fils de Harry, Albus, est en rébellion contre son père. De colère, et pour se prouver qu’il peut faire quelque chose de bien, il décide de réparer le tort causé à Cédric Diggory lors du tournoi des Trois Sorciers, des années auparavant. Aidé par son ami Scorpius, le fils de Drago Malefoy, il va s’emparer d’un Retourneur de Temps et tenter de changer le passé. Mais les conséquences sont loin d’être celles auxquelles les deux garçons s’attendaient…

Chronique :

Sans être une fan inconditionnelle du petit sorcier à lunettes, j’avais lu avec plaisir la série d’origine et apprécié la richesse et l’inventivité de l’auteur. C’est donc tout naturellement que je me suis intéressée à ce texte qui a eu droit à tant de battage médiatique. Avouons-le, j’ai été un peu déçue, même si j’étais contente de retrouver Harry et son univers.
Tout d’abord, la forme ne se prête pas au même genre de lecture qu’un roman puisqu’il s’agit d’une pièce de théâtre. L’écriture en est donc moins immersive, notamment avec les didascalies, bien qu’elles restent mesurées.
Ensuite, le scénario est un peu facile, prévisible, sauf pour l’histoire de la couverture, ce qui n’est pas le cas dans la série. Encore une fois, peut-être est-ce dû aux impératifs et contraintes techniques d’une représentation sur scène, alors que dans un roman, la scène est dans notre tête et l’imagination fait que tout est absolument possible.
Enfin, les personnages auxquels on s’est attaché au fil des années ne sont pas ici les héros, ils sont presque des seconds rôles, plutôt stéréotypés, et cet aspect fait que l’on peut être un peu déçu, car on les retrouve sans vraiment les retrouver.
Malgré tout, les personnages d’Albus et de Scorpius tiennent la route, et il est intéressant de découvrir Drago sous un autre jour, de manière plus humaine et moins tentative de copie conforme de son père. Son fils est sympathique, il a la tête sur les épaules, et à certains égards, il rappelle Hermione plus jeune. Rogue aussi a droit à sa petite part de lumière, qui nous le montre sous un jour plus humain. Ces anciens seconds rôles de la série prennent un peu plus d’ampleur. On les voit d’un autre œil, ce qui n’est pas désagréable.
Bref, je garde une impression en demi-teinte de ce livre, à la fois contente d’avoir replongé dans cet univers si riche, de renouer avec des personnages attachants ou qui révèlent d’autres facettes de leur personnalité, et en même temps, déçue par le scénario un peu trop simple et une forme qui n’est pas faite pour être lue, mais jouée.

Le 13.11.2016