Godblind #1

par Anna Stephens, éditions Bragelonne, 2017, ISBN 979-1-0281-1124-3, 12.99 € en e-book ou ISBN 979-10-281-0391-0, 28 € en version papier.

L’histoire :

Rillirin est une esclave des Mirécès. Alors que leur roi veut une nouvelle fois la violer, elle se défend et le tue. Elle se lance alors dans une fuite éperdue, persuadée qu’elle n’y survivra pas. Son chemin va croiser celui de Dom, un calestar, un messager de la Danseuse, l’une des divinités du royaume. Rapidement, ce dernier comprend qu’elle est importante, car elle connaît les plans des Mirécès qui ont l’intention d’envahir les plaines et de faire revenir les Dieux rouges. Toutefois, ces derniers ont des alliés et des contacts inattendus, et le complot contre le trône prend des proportions inquiétantes. Le capitaine Crys Tailorson en prend douloureusement conscience alors que les princes héritiers sont en déplacement pour passer les troupes en revue…

Chronique :

Voici un gros livre que j’ai peiné à lire et à terminer. Non pas qu’il ne soit pas de qualité, c’est plutôt le contraire. La construction est solide, et le récit bien mené. Mais il est éprouvant et met en lumière un horizon plutôt sombre, ce que j’ai trouvé difficile à apprécier en cette période troublée.
L’histoire se suit par l’intermédiaire de plusieurs personnages, et l’autrice tisse sa toile petit à petit pour que leurs routes se croisent et viennent enrichir la trame. Peu à peu, nous voyons émerger un tableau de plus en plus complet de la situation du royaume, laquelle est des plus précaires, pour ne pas dire presque sans espoir. La religion des Dieux rouges est terrible, cruelle, et ceux qui la suivent fanatiques. Ils sont incapables d’envisager une manière de vivre différente qui soit acceptable à leurs yeux.
Face à eux, les défenseurs du royaume tentent de les contrer, de bloquer leur avancée et de contrecarrer les plans qui visent tout bonnement à faire tomber le trône. Toutefois, les choses sont encore plus mal engagées qu’ils ne le pensent…
Alors que l’on pourrait penser au début que les Dieux rouges ne sont qu’un prétexte pour leur grande prêtresse à asseoir son pouvoir sur son peuple, puis sur les peuples, il s’avère qu’ils ont finalement une réalité dans cet univers par ailleurs très médiéval. Le calestar est leur lien, de même que l’Élue, tandis qu’ils ne se privent pas pour se manifester lorsque cela sert leurs intérêts.
En filigrane et avec assez de finesse, l’autrice aborde la question de la liberté, des relations hommes/femmes, le sexisme, et les dérives religieuses en opposant deux dogmes, l’un sanglant, cruel et exigeant une totale soumission, la négation de l’individu, tandis que l’autre propose la voie du choix, du libre-arbitre et de la construction de soi par les expériences de la vie. Deux visions totalement opposées, chacune défendue par des fidèles déterminés à stopper l’autre.
Bref, s’il y a matière à réfléchir et que le récit est bien construit, riche, que ce soit en personnages ou en péripéties, je n’ai pas vraiment réussi à l’apprécier et je ne pense pas lire la suite lorsqu’elle paraîtra. Sans doute n’était-ce pas le bon livre à lire actuellement pour moi…

Le 10.04.2020