Dragon Haven

de Robin McKinley, éditions Mnémos.

L’histoire :

Dragon HavenJake vit à Smokehill, un parc naturel un peu particulier. Celui-ci renferme des dragons, bien que personne ne les ait jamais vus en chair et en os. Entre les rangers qu’il respecte pour leur connaissance du terrain, et les scientifiques qui débarquent régulièrement en prétendant tout savoir mieux qu’eux, l’adolescent cherche sa place. Lors d’une randonnée en solitaire, il tombe sur une femelle dragon à l’agonie. À partir de là, sa vie change radicalement.

Chronique :

Je connaissais déjà Robin McKinley pour sa réécriture de La Belle et la Bête que j’avais beaucoup appréciée. J’ai donc été curieuse de lire ce qu’elle avait pu inventer avec des dragons, un sujet difficile à renouveler dans la mesure où il a été traité à de nombreuses reprises. Franchement, je n’ai pas été déçue.
En abordant le récit sous un angle pseudo-scientifique, elle l’assied d’emblée dans une réalité alternative qui tient la route, d’autant que les réactions des différents personnages, les rouages de la société, les travers humains, sont, eux, tout à fait réels. Elle joue avec brio des effets d’annonce, ménage le suspense, nous tient en haleine et ce, jusqu’à la fin.
Mais ce qui fait la force de ce roman selon moi, c’est de l’avoir écrit à la première personne. Nous sommes ainsi dans la tête de Jake, et ce point de vue totalement subjectif excuse un démarrage qui peut paraître embrouillé au début. Le personnage ne sait pas par où commencer, hésite, n’a pas envie d’écrire ce récit et finalement, se lance. Une autre manière de nous faire mariner juste ce qu’il faut tout en plaçant le décor et en nous donnant un aperçu de la vie à Smokehill.
Si on devine aisément la nature et la source des migraines de l’adolescent, ce n’est pas vraiment gênant car on attend plutôt la confirmation de l’idée qu’on s’en fait, et surtout ce qu’elles cachent.
Bref, Robin McKinley a écrit là un roman qui peut paraître simple mais qui est loin de l’être. Sa trame, entre les effets d’annonce et les nouvelles de l’extérieur, est plus complexe qu’elle n’en a l’air, et la psychologie de Jake est très fouillée. Elle rend bien compte du bouillonnement d’émotions et de sentiments que représente l’adolescence, en particulier lorsque le jeune héros a parfaitement conscience des risques qu’il prend et qu’il fait courir aux autres. Une réussite.

18.11.2015

Publicités