Chroniques homerides #1

Tome 1 : Le souffle de Midas

par Alison Germain, éditions du Chat noir, 2017, ISBN 978-2-3756- 8057-5, 5.99 €

L’histoire :

Louise, étudiante, découvre une jeune femme mourante dans un parc. Sauvagement agressée, cette dernière rend son dernier souffle dans ses bras. Pourtant, lorsque Louise raconte les faits à la police, personne ne veut la croire en l’absence de corps ou de traces de sang. Quand, de surcroît, elle se met à changer des objets en or, elle se trouve d’autant plus désemparée. Seuls sa meilleure amie, Nimue, et un détective, Angus, lui-même à la recherche de la victime, accordent foi à ses propos. Mais rapidement, Louise découvre que ce don qu’elle semble avoir reçu lui vaut de sérieux ennemis, prêts à tout pour s’emparer d’elle, et surtout de lui…

Chronique :

Voici le premier tome d’une série dont l’idée de départ m’a séduite, autant que la couverture que je trouve très belle. Reprendre le mythe du roi Midas m’intriguait, et surtout j’étais curieuse de savoir ce que l’autrice allait en faire, car il s’agit tout de même d’un don extrême. Louise en fait d’ailleurs l’expérience, et c’est là que l’imagination d’Alison Germain intervient pour développer des capacités collatérales liées à ce don. J’ai apprécié l’idée que l’on découvre lorsque Louise se libère d’une fâcheuse posture (pas de spoil ! ), toutefois je regrette que cela n’intervienne que si tardivement dans l’histoire, même si je comprends ce choix. Il est amené progressivement et résulte d’un cheminement psychologique du personnage qui est cohérent.
Puiser dans la mythologie grecque pour de l’urban fantasy m’a semblé intéressant, car la plupart du temps c’est la mythologie celtique qui est à l’honneur. J’ai apprécié les références aux Moires, aux oracles et aux divinités, d’autant plus qu’elles se traduisent par du concret dans notre monde moderne. Malgré tout, j’ai eu l’impression que le récit tardait trop à nous dévoiler l’envers du décor une fois que le don s’est manifesté, de même que les ennemis. Le flou dure longtemps, et si concernant le méchant c’est une bonne chose, ménageant ainsi le suspense, j’avoue être un peu restée sur ma faim par la longueur de la mise en place et le trop court aperçu des doués et de leur potentiel.
Louise passe beaucoup de temps à nous raconter ses états d’âme, et vu que la situation pour elle est complètement folle, on peut le comprendre, mais par moment, j’aurais aimé qu’on se détache du pathos, qui devient lassant à la longue.
Le personnage évolue au fil du roman, prend de l’assurance, et s’éloigne peu à peu du cliché de la jeune fille en détresse attendant qu’on vienne la sauver, ce qui est une bonne chose. Un signe d’une maturité de l’héroïne qui se construit, et qui n’en est qu’à ses débuts, on l’espère…
Bref, ce premier tome met en place les prémices d’un univers qui promet d’être très intéressant s’il est davantage développé dans la suite, et je pense que l’autrice en a gardé volontairement sous le coude, en espérant que le personnage principal sera moins dans le ressenti et un peu plus dans l’analyse et la mise à distance. Une lecture distrayante 🙂

Le 10.09.2018

 

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