Chien du heaume #2

Mordre le bouclier

de Justine Niogret, éditions J’ai lu, 2013, ISBN : 978-2-290-05904-3, 6 €.

L’histoire :

parcours initiatique quête passé conscience de soi apprentissage vie mort lutte Moyen ÂgeAprès avoir perdu une partie de ses doigts, Chien du heaume broie du noir. Pour la secouer, Brehyr l’entraîne avec elle sur les routes après avoir demandé à Regehir, le forgeron, de fabriquer une griffe de métal qui remplacera le pouce perdu de la guerrière. Ainsi, Chien reprend la quête de son nom et Brehyr l’accomplissement de sa vengeance. Mais chacune pourrait trouver bien plus en chemin…

Chronique :

Par son titre, ce roman m’a immédiatement évoqué le berserk, ce combattant nordique pris de folie guerrière que rien n’arrête, pas même la douleur. Et il semble bien que le père de Chien l’ait été en effet, tandis que sa plus grande crainte, à elle, est de finir comme lui. Passé le traumatisme d’avoir perdu ses doigts, et surtout son pouce, la jeune femme doit encore comprendre pourquoi elle est partie sur les routes en sa compagnie, pourquoi elle a oublié son nom et son passé… De fait, il s’agit d’une quête qui va au-delà d’un simple nom à retrouver. Il s’agit de racines, d’identité, qui permettent de mieux saisir le présent, et une quête qui lui offre la possibilité d’un autre regard sur elle-même en la personne de Saint-Roses, le chevalier estropié.
Tout aussi rude, si ce n’est plus, que le tome 1, ce second volet se distingue du précédemment par le fait que l’on peut cette fois le dater approximativement. Il semble que les événements se déroulent aux alentours de la Première Croisade, et pourtant, on retrouve régulièrement une impression d’irréalité, de temps suspendu. Bien que d’une épaisseur équivalente au premier volume, autant dire, vu la production actuelle, un roman de petite taille, celui-ci est riche, foisonnant.
Nous retrouvons avec un quatuor d’êtres abimés par la vie, qui s’efforcent de continuer à avancer. Si Brehyr et la Petite se sont tournées vers la mort et la vengeance, Saint-Roses recherche la lumière de Dieu qu’il a perdue en perdant sa jambe, tandis que Chien se cherche elle-même, se découvre et apprend comme si elle commençait une deuxième vie par la perte de ses doigts. Dans ce qui ressemble à un parcours initiatique, elle grandit, s’enrichit au contact des autres et se délivre du passé sous l’éclairage de la compréhension.
Quant à La Salamandre qui semble surgir de nulle part, il ressemble à une divinité psychopompe, une sorte de figure de walkyrie inversée, venant chercher l’âme de Brehyr, la guerrière indomptable.
Bref, ce second volet de Chien du heaume est dense, rude, violent, mais aussi cathartique. Tout comme le volume précédent, il reste en tête bien après avoir refermé le livre, laissant une impression durable et de quoi réfléchir.

Tome 1 : Chien du heaume

Chien du heaume

Le 23.02.2016

 

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