Blood Song #1

Tome 1 : La Voix du sang

par Anthony Ryan, éditions Milady, 2016, ISBN 978-2-8112-1839-3, 7.90 €

L’histoire :

fantasy guerrier pouvoirs don combats mystèresVaelin Al Sorna est un combattant hors pair, craint et respecté à travers tout le Royaume Unifié et par-delà ses frontières. Alors qu’on l’emmène vers un simulacre de justice, pour l’exécuter par un duel judiciaire après cinq ans de captivité, il se décide à raconter son histoire au seigneur Verniers, lettré de l’Empire qui l’accompagne. Il dévoile ainsi son enfance, la dure éducation reçue au Sixième Ordre, qui l’a façonné pour faire de lui le plus redoutable des bretteurs, au destin plus exceptionnel encore que son père, Seigneur de Guerre du Royaume.

Chronique :

Que dire de ce roman sans tomber dans l’éloge dithyrambique ? Solidement construit, alliant une narration majoritairement chronologique, entrecoupée de retours en arrière ponctuels, ainsi que deux regards différents sur l’histoire, elle nous présente la vie de Vaelin Al Sorna, telle qu’il semble la raconter au seigneur Verniers. Pour une part, elle ressemble à un récit initiatique, et nous voyons les différents personnages évoluer au fil des épreuves que le Sixième Ordre puis la vie leur font affronter.
Découpé en cinq parties subdivisées en chapitres, le récit se révèle peu à peu plus complet pour le lecteur que pour le chroniqueur qui en est à l’origine, Vaelin déroulant ses souvenirs de manière sélective pour Verniers, dans un but qui nous échappe encore. Intelligente, voire subtile par endroits, la construction du récit est élaborée sans être retorse, de sorte qu’on la suit sans peine.
Ce livre est un pavé, mais un pavé qui se dévore et dont on ne se lasse pas, bien au contraire. La narration se fait principalement à la troisième personne, mais les passages des pensées de Verniers se font eux à la première, doublés d’italique pour les différencier. La confusion n’est donc pas possible. Du reste, ils sont essentiellement introductifs, permettant d’opérer une pause dans le récit entre les parties et de montrer l’évolution du regard de ce chroniqueur tout d’abord franchement hostile à Vaelin.
Les personnages sont aussi soigneusement élaborés que le récit, riches, diversifiés et attachants. Bien que redoutable, Vaelin reste humain, de même que ses frères d’armes, la princesse Lyrna, Sharin ou même le roi. Les protagonistes sont loin d’avoir une psychologie simpliste, se montrent complexes et habités par le doute, agités par les émotions, comme tout être humain.
L’intrigue, quant à elle, se met en place graduellement, habilement mêlée au récit d’apprentissage de Vaelin enfant, introduisant une pointe de mystère qui ne fait que croître en même temps que notre héros grandit. Pas de magie grandiloquente, de démonstrations de pouvoir, tout se fait dans la subtilité, ce qui rend l’histoire d’autant plus plausible et captivante. Les êtres se débattent dans des situations difficiles, avec pour seul recours des moyens très humains.
Bref, ce livre est une réussite, un grand moment de fantasy au plaisir comparable à celui de lire un Gemmell, et dont je suis impatiente de lire la suite !

Pour lire un extrait, c’est par ici !

Autres tomes de la série :

2. Le Seigneur de la Tour (chronique)
3. La Reine de feu

Le 07.08.2017