Blackwing #1

Tome 1 : La marque du corbeau

par Ed McDonald, éditions Bragelonne, 2018, ISBN 979-10-281-0404-7, 25 €

L’histoire :

Ryalt Galharrow est capitaine des Ailes noires, au service de Corbac, l’un des Sans-Noms. Leur tâche est d’empêcher les Rois des Profondeurs de revenir pour asservir les hommes et en faire leurs créatures. Pour cela, il n’hésite pas à aller dans la Désolation, une terre gaste en mouvement perpétuel, peuplée de monstres, dans laquelle seuls quelques rares lieux sont fixes.
Alors qu’il vient d’accomplir une nouvelle mission, Ryalt reçoit pour instruction de protéger une Fileuse et de la ramener en ville, quoi qu’il arrive. Mais lorsqu’il reconnaît en elle son amour de jeunesse, le capitaine est déstabilisé, d’autant plus lorsque la jeune femme se met à tenir des propos dérangeants, notamment sur la Machine, leur seule arme contre leurs ennemis…

Chronique :

Avec ce roman, je dois avouer que c’est d’abord la couverture, magnifique, qui m’a accroché l’œil. Ensuite, la quatrième de couverture a achevé de me tenter, tout comme le e-book en promotion sur Emaginaire ^^. Je n’ai donc pas résisté et je me suis lancée dans cet univers un peu particulier, très inventif par de nombreux aspects.
Au début, je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dedans, essentiellement à cause du style, plutôt aride et brut, qui va avec le personnage principal, guère sympathique. On ne peut néanmoins pas lui retirer une qualité qui le porte tout au long du roman, c’est qu’il est tenace et qu’il tient ses engagements, contre vents et marées. D’ailleurs, à force de le côtoyer, on apprend à mieux le connaître et on finit par le regarder d’un œil un peu plus bienveillant, surtout avec ce qui lui arrive à la fin… mais je vous laisse le découvrir 😉
On a donc une intrigue extrêmement bien ficelée, qui promène les personnages autant qu’elle nous promène, si bien que l’on ne se rend compte qu’à la fin du dessin de toute la trame, des manipulations, manigances, sacrifices et autres joyeusetés qui ont été mises en œuvre pour arriver au résultat escompté. Le mot retors est un peu faible, mais rien d’étonnant de la part d’êtres séculaires, voire davantage. Ils ont tout le temps de se projeter dans des durées inenvisageables pour les humains lambda.
Dans cet univers mêlant à la fois steampunk et fantasy, j’ai beaucoup apprécié certains détails, comme le ciel déchiré qui émet des plaintes, la particularité de la Désolation, toujours mouvante, les Fileurs de lumière et leurs étranges capacités… Cela lui donne son originalité, fait de la magie quelque chose qui se rapproche des sciences, et qui est exploitée comme telle. Elle garde néanmoins son mystère, n’est pas Fileur qui veut, et le prix à payer se révèle terrible pour certain(e)s.
Quant à la fin, je formule certaines hypothèses sur la suite, notamment en ce qui concerne la dame de lumière et Saravor avec ses enfants gris, toutefois je n’en dirai pas plus, afin de ne pas  vous dévoiler en même temps des éléments du premier opus 😉
Bref, il s’agit d’un premier tome qui frappe fort, extrêmement bien conçu, qui vous met une grande claque et vous laisse un peu groggy après la fermeture du bouquin ! En quelques mots ? Ça vaut le coup !

Le 25.02.2019