Wild Fell

de Michael Rowe, éditions Bragelonne, 2016, ISBN 979-1-0281-0096-4, 20 € ou en e-book ISBN 978-2-8205-0354-1, 12.99 € hors promotion.

L’histoire :

papillon de nuit fantômes passé mémoire vengeance manipulation meurtres accidents surnaturel fantastiqueWild Fell est une vieille demeure du XIXe siècle au passé mystérieux, auréolé de peur. Les gens de la région l’estiment hantée et refusent de s’en approcher, surtout avec les drames qui s’y sont déroulés depuis la disparition des propriétaires. Pourtant, par un hasard qui lui semble heureux, Jameson Browning en fait l’acquisition pour un prix très raisonnable. Fils aimant et dévoué à son père victime de la maladie d’Alzheimer, il espère y démarrer une nouvelle vie. Ce qu’il ignore, c’est que la demeure et ce qui s’y cache le veulent, et elles font tout le nécessaire pour qu’il vienne à elles…

Chronique :

Acquis au cours de la Grosse Op’ de Bragelonne, voici un roman de type fantastique que je ne regrette pas d’avoir acheté. S’il reprend un certain nombre d’archétypes de ce genre (maison victorienne, isolée, visitée par nuit de tempête, avec des événements inexplicables, personnage qui met en doute sa santé mentale, qui tente de rationaliser…), il s’avère finalement original par sa construction, et surtout par son retournement final.
Dès le prologue, on frissonne, assistant en spectateurs impuissants à ce que l’on anticipe comme un drame. L’auteur se sert de ce qui deviendra un fait divers pour présenter à la fois Wild Fell, les lieux, la communauté locale et instiller une petite dose de surnaturel, ou ce que l’on suppose comme tel, dans son récit. De cette manière, le décor est planté et l’histoire peut commencer pour de bon, nous donnant quelques informations supplémentaires dont le héros aurait bien besoin pour savoir dans quoi il met les pieds. Encore que… Comme on nous le dit deux fois, le temps devrait être linéaire et ne l’est pas dans ce récit, ce qui fait que tout est plus ou moins joué d’avance d’une certaine manière. Toutefois, l’auteur s’est montré suffisamment habile dans la construction de son roman pour que, même en le sachant, ça ne nous dévoile pas l’intrigue pour autant. De ce fait, pas de spoil 😉
Le récit nous est fait par Jameson, du moins en partie, à la première personne. Nous le suivons depuis ses neuf ans, où le surnaturel s’introduit peu à peu dans vie, sans qu’il en ait véritablement conscience. Celle-ci ne lui vient qu’à la suite d’un drame, mais si nous assistons à son évolution avec intérêt, on se demande tout de même en cours de route quel est le rapport avec Wild Fell. C’est toute l’ingéniosité de l’auteur, que de ne mettre ce lien en lumière qu’a posteriori, si bien que l’on se fait mener en bateau sans s’en apercevoir, comme Jamie. 🙂
Le personnage est fouillé, profondément humain, tout comme son père, tandis que son amie Hank se montre attachante. Au passage, l’auteur en profite pour disséminer quelques critiques sur différents sujets, pointant le manque d’ouverture d’esprit et de compréhension de certains. Ces points sont suffisamment subtils pour ne pas indisposer le lecteur qui ne voudrait pas en entendre parler, et pour un au moins, il est intégré intelligemment au retournement final.
Bref, il s’agit d’un récit très bien écrit, qui reprend les figures classiques du genre en y intégrant des éléments modernes, avec un scénario réfléchi et habile. Un plaisir !

Le 12.12.2018