Rose Morte #2

Tome 2 : Trois épines

de Céline Landressie, éditions Milady, 2015, ISBN 978-2-8112-1525-5, 7.90 €. Réédition en projet par l’autrice, avec ajout d’un tome 5 (pour plus d’informations, c’est ici !)

L’histoire :

Rappelée à Boissy par Artus après dix années passées à la cour de l’impératrice Catherine, Rose regagne la France de 1789. Meurtrie par ces années de silence de la part du comte et luttant contre ses sentiments toujours vifs, la jeune femme découvre que l’agitation n’atteint pas que le monde humain, mais également le leur. Les Lamies se regroupent et attaquent de manière concertée, et les affidés des Arimath comme des Oström subissent des pertes. Tandis que le comte passe à l’offensive pour contrecarrer ces menées, les villageois s’échauffent et les émeutes se multiplient. En ces temps troublés, la cohésion est plus que jamais nécessaire pour survivre, mais les sentiments des uns et des autres ne facilitent pas la tâche…

Chronique :

Avec ce deuxième tome, on retrouve les personnages découverts dans le premier, et un nouveau vient faire son entrée, pas des moindres, le prince Vassili Golitsyne. Il permet de constituer un triangle amoureux qui va faire des étincelles, et j’avoue que sur ce tome, l’impact des sentiments est particulièrement important, peut-être trop. Après presque deux cent ans d’existence, Rose paraît moins réfléchie que dans le premier et trop emportée, alors qu’elle aurait dû au contraire gagner en sagesse selon moi.
Si on peut comprendre dans quelles circonstances elle s’est tournée vers Vassili, ce dernier finit par faire partie des dommages collatéraux sans que Rose l’ait voulu, le tout partant au final d’une mauvaise interprétation et d’un manque de communication.
Dans ce tome, l’intrigue est complexe, alambiquée, plusieurs fois je me suis demandée où on voulait nous mener, et j’avoue que la partie concernant plus proprement Rose ne m’a pas convaincue. On sait qu’Artus est un dirigeant et qu’il est intelligent, rusé, qu’il ne dit pas tout de ses choix et de ses décisions, toutefois certaines choses m’ont parues bancales après coup. De même, le mea culpa intérieur de Rose m’a semblé excessif, comme si elle était responsable de tout, alors que chacun a sa part. Il y a un côté infantilisant qui n’apparaissait pas dans le premier tome et qui m’a surprise.
Enfin, alors que l’on parle de six maisons d’immortels, il en manque toujours une qui n’est pas du tout mentionnée et prise en compte dans l’échiquier politique surnaturel. Je suppose qu’il doit s’agir d’une maison d’Asie, puisque l’Europe, l’Amérique et l’Afrique sont représentées, et qu’elle sera évoquée plus tard dans la série 🙂
Malgré tout, le récit reste immersif, addictif, et les personnages bien campés. La plume est toujours aussi agréable, avec un style adapté à l’époque et au fait que les protagonistes appartiennent à la noblesse. Le fait que tout soit vu du regard de Rose est parfois pénible, car elle est empêtrée dans son ressentiment et sa douleur, et c’est un soulagement lorsque l’on arrive à la bataille finale, qui met fin à une partie des méprises, non-dits et certains secrets !
Bref, si j’ai dévoré ce tome comme le premier, j’avoue qu’a posteriori, il m’a moins plu, en grande partie à cause des effets de l’empathie que l’on a pour le personnage principal, alors que ce dernier évolue en plein marasme sentimental.

Autres titres de la chronique :

Tome 1 : La floraison (chronique)
Tome 3 : Flétrissures
Tome 4 : Ikebana

Le 04.12.2019