Menteurs

de Greg Hocfell, éditions Elixyria, 2018, ISBN 979-1-0963-8456-3, 2.99 € e-book.

L’histoire :

Mickaël travaille comme agent municipal saisonnier à Couronne-sur-Mer avec un vieux briscard, Roland. Lorsqu’ils sont envoyés sur la plage ramasser un cadavre d’animal, Mickaël a des sueurs froides. La chose ne ressemble à rien de connu et pire, un long tentacule sorti de la grotte du Calamar vient s’en emparer sous ses yeux. Qu’à cela ne tienne, Roland n’abandonnera pas ce qu’il considère comme sa mission et décide d’aller chercher la dépouille dans la grotte. Toutefois, celle-ci se montre bien plus profonde qu’on ne le croit, et semble cacher d’obscurs secrets…

Chronique :

J’avoue que j’ai essayé ce livre un peu au hasard, par curiosité, intriguée tout d’abord par la couverture aux allures très fantastiques. Je la trouve très réussie, et après avoir lu le livre, je remarque certains détails dans l’illustration sur lesquels je ne m’étais pas arrêtée, mais qui font partie intégrante de l’histoire.
Il s’agit ici d’un roman plutôt court, rattaché au genre fantastique, qui semble au premier abord flirter avec le mythe lovecraftien. Le premier chapitre nous met dans l’ambiance et l’auteur joue à multiplier les références, mais je dois avouer que je n’ai vraiment accroché qu’à partir du chapitre 2, le temps de m’habituer au style qui ne me plaisait pas vraiment. J’ai trouvé que le trait était trop forcé, mais heureusement, il s’allège un peu par la suite, ce qui m’a permis de m’immerger dans le récit.
L’auteur joue avec les codes d’écriture inhérents à différents supports, comme les sms, les messages privés (mp) des réseaux sociaux ou les blogs, ce qui donne de la vraisemblance à son récit. D’une fausse piste lovecraftienne, on bascule peu à peu dans les légendes locales, urbaines, puis les malversations à grande échelle, très humaines celles-là, pour finir par… je vous laisse le découvrir ;-).
J’ai apprécié les différentes bascules qui nous font passer d’un fantastique à un autre, et le récit de Charlène qui ancre toute l’histoire dans du concret et du possible, en contrepoint à l’aspect surnaturel. Ce surnaturel d’ailleurs ne nous est pas vraiment expliqué, il faut en accepter une bonne partie, tandis que l’on se laisse mener à l’aveuglette en suivant alternativement Mickaël et Luce. Chacun détient une partie de la vérité, qu’ils vont faire éclater à deux. Quant à Roland, s’il est un élément moteur, il est totalement hermétique à l’aspect fantastique des choses et n’a donc pas conscience de ce qui se joue.
Bref, après un démarrage difficile, ce roman s’est révélé divertissant, avec un fantastique habile, qui nous mène par le bout du nez jusqu’au dénouement final. Un bon moment de lecture 🙂

Le 23.08.2019