Magie Grise #1

Tome 1 : Le Phare au Corbeau

de Rozenn Illiano, éditions Critic, 2019, ISBN 978-2-3757-9128-8, 4.99 € en e-book ou ISBN 978-2-37579-127-1, 20 € en version papier.

L’histoire :

Agathe et Isaïah travaillent en équipe pour exorciser des habitations. Elle voit les esprits mais ne peut les apaiser, tandis que lui connaît les rituels pour les faire passer de l’autre côté. Appelés en Bretagne pour s’occuper d’une propriété à Landrez, ils se rendent rapidement compte que le cas est plus complexe et dangereux qu’ils ne le pensaient. L’histoire des lieux et les superstitions n’aident pas leurs affaires, donnant plus de puissance aux spectres. Pourtant, inexplicablement, Agathe se sent chez elle là-bas…

Chronique :

Voici un roman que je voulais lire depuis longtemps. Bretagne légendaire, esprits, dons paranormaux… Tout était réuni pour me plaire, et je n’ai pas été déçue.
Agathe est un personnage qui manque de confiance en soi, qui doute d’être légitime dans sa tâche, car elle est incapable d’apporter le repos aux âmes. De son côté, Isaïah est presque son opposé, en mesure de renvoyer les esprits mais incapable de les voir. Ainsi, ils se complètent et le jeune homme est plutôt solaire, comparé à Agathe qui est très renfermée. Attachants l’un et l’autre, ils se débattent avec cette affaire qui semble les surpasser et pour laquelle il leur manque trop d’éléments. Leur vision du tableau est incomplète, ce qui réduit leur efficacité.
Dans ce roman, la structure du récit ménage le suspense par des sauts dans le passé et l’histoire de Landrez. Nous en apprenons plus de cette manière, ce qui fait que parfois nous en savons plus que les protagonistes, et ces épisodes nous sont toujours présentés par le point de vue d’un personnage. De ce fait, le mystère qui enveloppe Ker ar Bran, son phare, sa malédiction et ses revenants, persiste.
La société de sorciers qui nous est présentée est intéressante, dépourvue de jugements de valeur, et avec l’histoire de Gwennyn, on voit combien l’intolérance, la peur et l’ignorance font des dégâts. La conclusion de l’affaire et la théorie d’Agathe, que cette dernière met à l’épreuve, sont originales, et permettent à la jeune femme d’expliquer son ressenti vis-à-vis des lieux. L’expérience la change, l’aide à avancer, ainsi que pour Isaïah dans une moindre mesure. On se rend compte arrivé à la fin du roman qu’on aimerait bien retrouver ces personnages et savoir ce qu’ils deviennent, comme de vieux amis dont on voudrait prendre des nouvelles.
Bref, c’est un roman très bien construit, avec lequel on passe un agréable moment, et que j’ai eu du mal à lâcher une fois commencé !

Le 23.09.2020