L’Heure du Loup

de Robert McCammon, éditions Milady.

L’histoire :

loup-garou espionnage guerre débarquement AlliésMichael Gallatin n’est pas un homme ordinaire. Au service du Royaume-Uni, sa patrie d’adoption, il joue les espions en pleine seconde guerre mondiale et réussit là où d’autres se feraient prendre. Il faut dire qu’il a un atout particulier, c’est un loup-garou. Alors qu’il s’est retiré du service actif depuis deux ans, on vient le chercher pour une mission que lui seul semble capable de réussir. Le Débarquement est en préparation et des informations cruciales restent bloquées à Paris, en possession d’un agent de la Résistance démasqué par la Gestapo et étroitement surveillé. Michael doit le contacter pour les récupérer et veiller à ce que l’opération ne soit pas compromise.

Chronique :

À cheval sur plusieurs genres, ce roman emprunte quelques éléments au fantastique, mais constitue avant tout un thriller remarquablement efficace. Une fois le livre commencé, il est très difficile de s’arrêter. Si l’épaisseur de l’ouvrage et la petite taille de la police peuvent faire peur, il ne faut pas se laisser impressionner. L’intrigue est très bien écrite, captivante, on ne s’ennuie pas une minute, et on tourne les pages sans s’en apercevoir.
L’auteur alterne entre la situation présente du héros et son passé, que l’on découvre peu à peu, nous expliquant graduellement comment il est devenu ce qu’il est. Mais surtout, la force de ce récit est qu’il peut, à mon sens, convenir également à des lecteurs qui ne seraient pas particulièrement adeptes des littératures de l’imaginaire ou des garous. Ici, ce n’est finalement pas une histoire de loup, mais une histoire d’hommes, où le loup-garou est un prétexte à questionner les notions d’humanité, de monstruosité, de liberté, dans une période folle, où certains disposaient de la vie de milliers de personnes et où la cruauté n’était pas en reste.
Robert McCammon nous entraîne en Afrique du Nord, dans la France occupée, en Allemagne, en Russie…et met en lumière la résistance d’hommes et de femmes déterminés à mettre fin à la tyrannie qui frappe leur pays. À travers les réflexions du héros, il interroge également la définition de la bestialité, dans la mesure où Michael est confronté à des situations et comportements où l’attitude des hommes est pire que ne le serait celle des loups, au point d’écœurer sa bête.
Bref, l’auteur a écrit un excellent roman dans lequel il ne faut pas avoir peur de se lancer, et il est bien dommage que la couverture soit si peu vendeuse, car l’histoire est vraiment captivante. Je le recommande chaudement !

18.01.2016