Les Vestiges de l’Aube #1

Tome 1 : Les Vestiges de l’Aube

de David S. Khara, éditions 10-18, 2014, ISBN 978-2-2640-5641-2, 7.50 €.

L’histoire :

policier vampire New York enquête exécutions mafia vengeance 11 septembre traumatismeAprès un long arrêt dû au traumatisme du 11 septembre, Barry Donovan reprend du service à la criminelle où il était affecté. Son patron le met sur une délicate affaire de meurtres perpétrés selon le même modus operandi, ce qui fait craindre un tueur en série. Seule éclaircie dans ce marasme, ses conversations internet avec Werner von Lowinsky, un passionné de cinéma comme lui. Toutefois, si ce nouvel ami se soucie réellement de lui et cherche à l’aider, il poursuit également son propre but, et Barry est loin d’imaginer le pouvoir qu’il détient.

Chronique :

Ce roman offre un mélange de thriller et de fantastique bien dosé, à l’écriture agréable à lire. La narration alterne entre la première personne en italique pour Werner von Lowinsky, ce qui donne lieu à un style particulier vu son grand âge, et la troisième personne pour le reste du récit, donc un style différent. L’alternance de points de vue est intéressante, d’autant qu’au bout d’un moment, ce n’est plus Werner sur un chapitre et Barry ou Sully sur un autre, mais un mélange des deux, comme si la bascule n’avait plus lieu d’être et que le débit de parole s’accélérait en même temps que l’enquête ou le rapprochement des deux amis. On a un effet de changement de rythme, d’accélération, bien trouvé.
Du point de vue des personnages, ils sont clairement caractérisés, avec une identité propre et marquée. Ils sont attachants avec leurs forces et leurs faiblesses, et l’auteur a réussi à nous brosser le portrait d’un vampire somme toute extrêmement humain, alors même qu’il cherche à déterminer s’il a perdu son humanité et s’il lui est encore possible d’éprouver des sentiments. Vu le déroulement des événements et ses réactions, à l’évidence, oui.
Car qu’on ne s’y trompe pas, derrière l’enquête policière, David S. Khara nous offre une réflexion sur la définition de l’humanité, démonte les mécaniques de manipulation politique ou terroriste et renvoie les hommes face à leur folie avec un certain regard critique, le tout par l’intermédiaire de Werner. Étrangement, alors que le personnage a eu tout le temps de constater quelles noirceurs peuvent habiter l’âme humaine, les horreurs dont elle est capable, il cherche à rejoindre l’humanité. Sa propre sauvagerie n’est pas si différente après tout, si ce n’est qu’elle fait peur du fait d’une puissance physique supérieure, mais à bien des égards, il s’élève également au-dessus par l’exercice de la raison. Werner fait et a fait des choix, livre ses combats, comme tout homme ici-bas. En cela, il n’est pas différent, il exerce son libre-arbitre, en conscience.
Bref, voici un roman que j’ai pris plaisir à lire, autant pour l’écriture que pour la construction du récit ou le sujet, et j’ai beaucoup apprécié cette figure de vampire très humain, voire peut-être plus humain que certains hommes… J’ai hâte de lire la suite.

Autre tome de la série :

2. Une nuit éternelle (chronique)

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Le 16.03.2016