Les neiges de l’éternel

de Claire Krust, éditions ActuSF, 2016, ISBN 978-2-36629-907-6, 8.90 €

L’histoire :

Japon médiéval neige hiver destins fantôme guérisseur hotesse enfant daimyo maladieAlors que son frère se meurt lentement, Yuki, fille du daimyo, part seule en quête d’un guérisseur renommé au cœur de l’hiver. Lui seul serait en mesure de sauver son frère, l’unique héritier de son père et du domaine familial. Sur sa route, elle rencontre la courtisane Sayuri, puis Seimei, le fils du guérisseur. Mais le voyage lui réserve de nombreuses désillusions, et d’autres, comme elle, en feront l’amère expérience…

Chronique :

Voici un livre que j’avais acheté à sa sortie en grand format et que je n’avais pas encore pris le temps de lire. C’est chose faite et je ne le regrette pas. Tout d’abord, la couverture est très belle, bien plus que sur le poche. Ensuite, on s’immerge dans le récit sans difficulté, et le style est agréable, rendant la lecture aisée, même pour ceux qui ne seraient pas forcément à l’aise côté vocabulaire japonais. Il y en a suffisamment peu pour comprendre de quoi il s’agit par le reste du texte.
Le récit se découpe en cinq parties, qui suivent chacune un personnage, sans ordre chronologique. Le récit commence avec Yuki, la fille du daimyo, se poursuit avec Shota et Akira, le fantôme, puis vient Sayuri, la courtisane, Akira à nouveau et pour finir Seimei, le fils du guérisseur. Chaque partie se subdivise en dix sous-parties, leur numéro inscrit en haut à droite de chaque tête de chapitre, en japonais.
L’hiver règne dans ce récit, et chaque personnage lutte contre les éléments, contre lui-même ou la maladie, contre un avenir imposé ou une absence d’avenir, avec un appétit de liberté contrebalancé par le sens des responsabilités. Chacun chemine à sa manière, fait l’expérience de prises de conscience, et effectue des choix en fonction de la situation, dont ils assument ensuite les conséquences. On s’attache rapidement à chacun des personnages, on veut en savoir plus, et on les suit sans peine, certains nous parlant plus que d’autres.
Bref, il s’agit d’un récit envoûtant, à la construction surprenante mais nullement difficile à suivre, qui nous fait voyager et nous dépayse tout en proposant une histoire dans laquelle le fantastique n’est pas sans rappeler celui de certains films japonais, comme Les contes de la lune vague après la pluie. Un plaisir 🙂

Le 02.10.2018