Le sortilège de Babylone

par Anne Rice, éditions Pocket, 2014, ISBN 978-2-266-23849-6, 7.90 €

L’histoire :

Azriel est un esprit depuis de trop nombreux siècles. Appelé dans le monde des vivants au gré de ses différents maîtres, il ne comprend pas pourquoi il s’est retrouvé brusquement à New York, au XXe siècle, à assister au meurtre d’une jeune femme innocente. Cherchant des réponses, en colère contre ceux qui tentent de le manipuler une fois de plus, il saisit peu à peu le grand dessein qui se cache derrière cette mort injuste. Puissant, maître de lui-même, il se rend compte alors qu’il tient peut-être le moyen de trouver le repos, ou tout du moins d’être en paix avec lui-même, tout en servant une cause plus grande que lui…

Chronique :

Voici un roman d’Anne Rice qui n’est pas récent et que j’ai lu après l’avoir reçu en cadeau. Comme toujours avec cette autrice, le récit est extrêmement bien mené, parsemé d’accroches pour maintenir l’intérêt du lecteur, même lorsque les choses semblent s’étirer et ne pas nous livrer les réponses attendues. Il s’agit d’un récit inclus dans un autre, qui mêle éléments historiques, mystiques et une quête plus personnelle. Il se découpe en quatre parties, et à l’instar d’un certain nombre de ses romans, l’autrice offre une large place à la religion, aux cultes et croyances, tout en racontant la vie et la non-vie d’Azriel.
Par ses références à l’actualité de l’époque (Sarajevo, la secte du Temple solaire, l’attaque au gaz dans le métro japonais…), le récit se trouve fortement daté, tout comme le début n’hésite pas à utiliser le cliché de l’écrivain se retirant loin de la ville, s’isolant volontairement du monde afin d’écrire et de se ressourcer. Bien que le fantastique soit présent, il n’a rien d’effrayant et se montre plutôt fascinant. Azriel est si singulier que l’on a envie de le connaître, de savoir ce qu’il a vécu et comment il en est arrivé là. Babylone nous est décrite de manière vivante, animée, et on se projette sans peine dans l’histoire.
L’aspect religieux peut se montrer dérangeant ou agaçant, bien que par certains côtés, il soit critiqué, notamment avec le jugement, l’étroitesse d’esprit et l’intolérance dont quelques personnages font preuve, sans oublier l’origine du culte du Temple de l’Esprit. La relation à la foi est ambivalente, et Azriel en est un peu la personnification.
Les relations entre les personnages sont empreintes de sensualité, tout comme la relation au monde du Serviteur des Ossements qui savoure pleinement ses retours dans le monde terrestre lorsqu’il est appelé.
Bref, il s’agit d’un roman qui se lit bien, mais qui reflète un certain nombre de craintes de l’époque à laquelle il a été écrit et qui souffre donc d’un petit côté daté. Il n’en reste pas moins bien écrit, immersif, avec une intrigue menée de main de maître.

Le 30.11.2018

 

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