Le Diable en Gris

de Graham Masterton, éditions Bragelonne.

L’histoire :

Le diable en grisLe lieutenant McKenna ne s’est pas vraiment remis de la disparition de sa compagne. Alors qu’il mène l’enquête sur des meurtres particulièrement horribles, pour lesquels l’assassin n’a laissé absolument aucune trace, elle entre en contact avec lui et le met en garde. Dès lors, le lieutenant doit se rendre à l’évidence, son enquête, loin d’être purement rationnelle, l’entraîne sur des sentiers ésotériques. Afin de neutraliser l’Homme Très Très Effrayant vêtu de gris, il doit élucider un mystère du passé lié aux ancêtres des victimes, dont l’un des siens fait également partie…

Chronique :

J’ai retrouvé avec plaisir l’efficacité de Graham Masterton dans l’horreur, ainsi que je l’avais découvert avec Manitou et sa série Jim Rook. D’ailleurs, il y a un petit clin d’œil à Magie des neiges à un endroit. Rapidement, le fantastique bascule dans l’horrifique sans concession, et l’auteur joue avec nos nerfs en nous faisant espérer une aide qui sauverait les victimes, sans qu’elle puisse jamais arriver à temps. Le Diable en Gris est redoutable, sans pitié, et les esprits purement rationnels ne peuvent qu’échouer à l’appréhender.
Dès le début, le personnage de McKenna apparaît un peu comme quelqu’un de paumé, voire égoïste et pas vraiment agréable. Disons les choses clairement, il n’est pas sympathique et ce n’est qu’en avançant dans l’enquête, alors qu’on le découvre et qu’on apprend à le connaître, qu’il se rachète peu à peu à nos yeux. Parce qu’il a l’esprit ouvert (bien obligé quand sa compagne défunte se manifeste chez lui), il explore des pistes que d’autres auraient délaissées.
Du point de vue de la trame, le récit est solidement construit, ajoutant les pièces du puzzle une à une, comme les meurtres, et nous emmène dans l’univers de la santeria. L’auteur joue des croyances humaines, les utilise, tout en mettant en exergue le poids des actes des aïeux. Car ici, tout est une histoire d’ancêtres, entre le culte rendu par les santeros et ce qui s’est passé pendant la Guerre de Sécession.
Bref, Graham Masterton nous livre un récit prenant et une fois commencé, il est difficile de s’interrompre tant on désire connaître la fin.

08.12.2015