Le baiser du banni

de Cristina Rodriguez, éditions le pré aux clercs.

L’histoire :

Le baiser du banniAlors qu’elle a un rendez-vous professionnel à Washington, Dalach Matamoros se retrouve prise pour cible par des tueurs. Bien que formée à ce genre de situation, sans l’intervention d’Angel, un cousin qu’elle n’avait encore jamais rencontré, elle serait morte. Dans le même temps, une incroyable découverte archéologique en Chine bouleverse la planète. Des anges fossiles ont été déterrés. À la suite de ces événements, l’histoire familiale la rattrape et elle se retrouve mêlée à une guerre antédiluvienne où rien moins que le sort de l’humanité pourrait se jouer.

Chronique :

Voilà un roman très bien construit, d’une certaine originalité, que ce soit dans le choix des personnages ou la manière de mener l’intrigue, et qui se lit avec tellement de facilité qu’on l’engloutit sans s’en apercevoir.
Tout d’abord, j’ai apprécié l’idée particulière d’avoir créé un héros qui soit aussi une héroïne, doté des sensibilités masculine et féminine, puisque hermaphrodite. C’est un choix que l’on ne rencontre pas souvent, et il est intéressant, dans la mesure où il permet de dépasser cette opposition bien souvent stérile que l’on fait entre masculin et féminin, en les dressant l’un contre l’autre plutôt que de les présenter comme complémentaires. Dalach est à la fois homme et femme, équilibré(e), et elle/il l’assume pleinement.
D’ailleurs, le fait de battre en brèche les stéréotypes dans ce roman m’a plu. L’auteure les utilise, en figeant les deux familles ennemies dans des postures diamétralement opposées quant au statut des hommes et des femmes, mais celui/celle qui a réellement le pouvoir au final, c’est Dalach, parce qu’il/elle les réunit.
Dans son livre, Cristina Rodriguez n’hésite pas à chambouler la mythologie judéo-chrétienne et islamique, et à remettre en cause aussi bien dogmes religieux que systèmes politiques. C’est osé, mais ça tient debout et propose une autre vision des choses, étayée par l’un des personnages diffus du roman qui en sait bien plus que tout le monde, et pour cause… Autre point positif, l’auteure n’hésite pas à faire mourir ses personnages, même jeunes ou attachants, ce qui apporte plus de réalisme au récit. Dans la « vraie » vie, on sait bien que les innocents sont rarement épargnés dans les conflits. Ils meurent tout autant, si ce n’est plus, que les autres.
Bref, j’ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de Dalach et de ses acolytes, et l’épilogue ressemble à une porte ouverte sur une suite possible. Il serait intéressant de savoir comment tout cela se poursuit…

30.09.2015

Publicités