L’année du loup-garou

de Stephen King, éditions Albin Michel, 2012.

L’histoire :

attaques loup-garou énigme identité enfant infirme éliminationDans la petite ville de Tarkers Mills, des attaques sauvages frappent chaque mois à la pleine lune. Les habitants pensent qu’il s’agit d’un désaxé que la lune rend fou, jusqu’à ce qu’il s’en prenne à Marty, un enfant infirme, et que deux fermiers retrouvent tous leurs cochons massacrés. Si Marty décide de mener l’enquête pour trouver le coupable, les deux hommes, eux, organisent une battue. Mais le loup lui-même sait-il qu’il est un loup ? Et si sa survie l’emportait sur sa conscience ?

Chronique :

La force de ce roman court tient autant au texte qu’aux illustrations, particulièrement réussies, évocatrices, qu’elles soient en couleur ou en noir et blanc.
Le récit se découpe en douze chapitres correspondant aux douze mois de l’année, chacun nous racontant un massacre à Tarkers Mills, sans que la victime puisse lutter malgré ses efforts pour résister à la bête. Seul Marty au mois de juillet parvient à la mettre en fuite, et amorce ce qui finalement causera sa perte. Parce qu’il est un enfant, on ne veut pas croire son témoignage, et parce que lui accorder du crédit signifierait accepter l’existence du monstre, on préfère dire qu’il a tout imaginé et rationaliser. Il n’y a donc que Marty pour affronter la créature en toute connaissance de cause.
Le choix d’un héros qui soit un enfant, handicapé de surcroît,  ne me semble pas anodin. Ce n’est pas la première fois que Stephen King met en scène l’un ou l’autre, comme si face à la monstruosité, seule l’innocence pouvait vaincre, et que la force n’était pas dans le corps mais dans l’esprit. Parce qu’il est un enfant et qu’il a l’esprit plus ouvert qu’un adulte, Marty ne met pas en doute ce qu’il a vu. Parce qu’il y croit, il fait en sorte de se prémunir contre son adversaire. Parce qu’il ne se laisse pas tromper par les apparences et qu’il réfléchit, il perce le secret de l’homme qui se cache derrière la bête. On peut d’ailleurs voir une certaine ironie dans l’identité humaine du monstre.
Bref, ce roman se lit facilement, la traduction rend compte d’un certain travail de la langue qui rend la lecture agréable, et on se laisse guider au fil des mois en se demandant comment tout va finir. De quoi passer un bon moment, avec un format assez grand qui rend les illustrations encore plus appréciables.

Le 10.02.2016

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