Ink

par Isabelle Rowan, éditions MxM Bookmark, 2015, ISBN 979-1-0929-5471-5, 4.99 € en e-book.

L’histoire :

Alors qu’il pensait avoir fini sa journée, Michael voit débarquer un étrange client à Ink, la boutique de tatouage qu’il tient avec ses amis Abby et Scott. Dominic lui demande de choisir un modèle pour lui, son emplacement, et le laisse travailler sans donner aucune directive. Pour autant, Michael est troublé par son aura et le regard de ses yeux gris. De son côté, Dominic a pris le prétexte du tatouage pour s’approcher du jeune homme, tout en sachant que le geste est dangereux. Il est vampire depuis de longs siècles, la solitude qu’il s’est imposé lui pèse, et le jeune tatoueur l’attire par son humanité et sa chaleur. De peur de finir par le tuer malgré lui, il le tient à distance, mais c’est sans compter sur l’obstination de Michael. Dans le même temps, un vieux vampire que Dominic a fui refait surface et pourrait bien tout bouleverser…

Chronique :

Avec ce roman, j’ai été agréablement surprise. Alors que je m’attendais à de la bit-lit comme on en lit beaucoup, j’ai découvert un roman que je classerais plutôt dans le fantastique, par analogie avec ceux d’Anne Rice. La célèbre autrice fait la part belle à la psychologie de ses personnages et à leurs sentiments, et c’est exactement le cas ici aussi. Ces derniers sont fouillés, les interactions sonnent vrai sans être outrées ou tomber dans le pathos, tandis que nous découvrons avec Michael un univers qui relève a priori du mythe. La figure du vampire ici n’a rien de particulièrement originale, elle se montre plutôt classique, toutefois son sentiment de solitude, le combat qu’elle mène contre elle-même est intelligemment présenté, et on se prend de sympathie pour les deux personnages principaux qui luttent pour y voir plus clair.
Michael est véritablement solaire, optimiste et très humain, et il représente ce que Dominic pense avoir perdu, son humanité. Si l’un va permettre la découverte de la condition vampirique et ses particularités, l’autre propose un regard différent sur cette condition et pousse le vampire à revoir sa vision des choses. Il y a une forme de rédemption qui est proposée aux différents vampires au cours du récit, tandis que le paradoxe qui les frappe est mis en avant. Instinctivement les humains ont tendance à les fuir car ce sont des prédateurs, et en même temps ils souffrent de cette solitude qui finit dans le sang s’ils essaient de la rompre. Michael et ses amis sont ainsi l’occasion de montrer une autre voie, périlleuse, difficile mais possible.
J’ai beaucoup apprécié ce roman, autant pour son aspect positif, la détermination de Michael à vouloir sortir Dominic du cliché du vampire torturé, que pour l’évolution des différents protagonistes au fil du récit. Chacun change, s’adapte comme il peut et fait des choix, la plupart du temps par amour pour quelqu’un d’autre. Les sentiments mènent la danse, et loin d’être une faiblesse, ils sont une force, un moteur.
Bref, j’ai dévoré ce livre en une après-midi, et pour une fois avec un récit vampirique, je l’ai quitté avec une impression de lumière plus que de ténèbres ! Un réel plaisir 🙂

Le 11.11.2020