Dark net

de Benjamin Percy, éditions Super 8, 2017, ISBN 978-2-37056-096-4, 21 €

L’histoire :

internet dark net fantastique possession démons meurtresDans l’internet profond, les données sont des marchandises comme les autres et font l’objet de toutes sortes de trafic, comme bien d’autres choses. En surface, tout le monde ou presque est connecté, voire hyperconnecté. Ce n’est pas le cas de Lela, journaliste réfractaire à la technologie, au contraire de sa nièce, Hannah, qui vient de recouvrer la vue grâce à un dispositif révolutionnaire câblé sur son cerveau. Quant à Mike Juniper, qui tient un refuge pour SDF, s’il n’est pas technophobe, il sait qu’il existe de sombres forces dans le monde, contre lesquels il faut lutter, tout comme Sarin qui l’a sauvé. Et si à leur insu, la guerre entre l’obscurité et la lumière avait déjà commencé, sur un terrain inattendu ?

Chronique :

Voici un roman qui m’a intriguée par son mélange de technologie et de fantastique. Alors que Graham Masterton opposait forces obscures et technologie dans Manitou, ici l’auteur les allie dans cette fiction bien ancrée dans notre réalité quotidienne. C’est d’ailleurs de cette manière qu’il fait surgir l’horreur, l’effroi, car l’intrusion est insidieuse, invisible, jusqu’à ce que l’offensive soit déclarée.
Au début, l’écriture m’a un peu déroutée par sa sécheresse, notamment en ce qui concerne la journaliste Lela, qui semble totalement dépourvue d’empathie. La narration est au présent, si bien qu’on a une impression d’immédiateté dans laquelle les événements s’enchaînent, hormis dans les passages rétrospectifs, qui sont au passé. Les protagonistes et les situations sont suffisamment intrigants pour retenir l’attention, et les personnages secondaires sont soignés, avec un rôle qui n’est pas si minime qu’il peut le paraître au premier abord.
Quant à l’intrigue, elle se construit peu à peu, au fil du cheminement des personnages qui finissent par se rejoindre, chacun avec ses particularités et ce qu’il va pouvoir en faire. L’évolution d’Hannah est à la fois prévisible et inattendue, car on se doute qu’elle n’est pas anodine, mais on ignore de quelle manière elle va intervenir dans le cours des événements.
Pendant la lecture, Le récit m’a évoqué des films comme Matrix ou Constantine, ce dernier étant d’ailleurs clairement représenté par la scène d’entrée dans le club de Babs, avec le videur et son jeu de cartes 😉
Bref, il s’agit d’un roman qui se lit très bien, qu’on ne lâche pas une fois commencé, qui monte en puissance tout du long, construit et intelligent. Un plaisir !

Le 23.04.2018

 

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