Arts & Fantastique

Anthologie de Florence Barrier, Irène Bourdin, Émilie Chevallier Moreux, Lilian Devigne, Julia Di Folco, Aurélie Genêt, Hélène Goffart, Pascal Lemaire, Christophe Lesieur, Éric Lysøe, Jean-Pascal Martin, Sylwen Norden, Florent Paci, Émilie Riger, Audrey Salles, Pauline Sidre, Sandra Tamburini, éditions Voy’el, 2020, ISBN 978-2-3647-5448-5, 5.99 € en e-book.

Voici une anthologie consacrée à l’art et au fantastique, dans la veine des récits du XIXe siècle. Je remercie les éditions Voy’el pour ce service de presse savoureux, avec lequel j’ai passé d’excellents moments. Dans ce recueil de 17 nouvelles, de nombreux arts sont représentés : musique, peinture, sculpture, écriture, mosaïque, et parfois plus inattendu comme…la pâtisserie 🙂
La diversité des imaginaires est très agréable, d’autant que certains vous surprennent totalement, tandis que d’autres vous feraient presque frissonner… Évidemment, en fonction de votre sensibilité, vous préférerez tel ou tel texte, mais chacun est bien écrit, original et vous entraîne dans un univers différent.

La mort n’a qu’un visage : Un jeune homme passionné par les masques se retrouve obsédé par un masque mortuaire découvert dans un caveau.

Ceci n’est pas un tableau : Une jeune épouse qui n’a jamais peint de sa vie veut prouver à son mari qu’elle peut réaliser quelque chose par elle-même, mais son modèle a des capacités étranges…

Golem : La puissance créatrice d’une jeune écrivaine donne littéralement vie à ses fantasmagories, lesquelles sont plutôt prédatrices, ce qui devient rapidement un problème.

De l’autre côté de la nuit : Un sculpteur est invité à venir restaurer les statues d’une vieille dame dans sa propriété. Une fois rendu dans son étrange contrée, il est laissé libre de créer à sa guise, du moment qu’il laisse parler son inspiration.

Gasandji : Une jeune femme est tombé sous le charme d’une petite statue qui la fascine et qui semble se modifier chaque jour.

Le chant du cygne : Un musicien retrouve l’essence de son art en jouant pour une défunte dans un vieux cimetière.

La dame sur un lit de satin : Un peintre réalise le portrait d’une défunte commandé par son mari malgré l’atmosphère tragique et délétère qui règne au château.

Le jardin des statues : Une vieille servante à l’agonie se souvient de sa vie passée dans la propriété de son maître, et notamment des nombreuses statues de son jardin…

Lune sur le Trieux : Un homme découvre que le tableau qu’il a acheté semble subir l’influence des marées…

Fou à lier, fous alliés : Une marionnette à fils entend prouver son libre-arbitre et son indépendance.

Fausses notes : Un requiem écrit par le défunt semble posséder un drôle d’effet sur son meilleur ami.

Opéra tragique : Quand l’art d’un peintre de renom entre en résonance avec les émotions humaines.

Une mosaïque d’avenirs : Un jeune esclave se voit investi par les dieux d’un élan créateur inattendu.

Tendregorge, Lècheglotte et Croquelade : Un tableau remisé au grenier familial devient le terrain de jeu favori d’une petite fille.

Le fruit défendu : Un boulanger épuisé retrouve sa passion et son génie pour la pâtisserie après un rêve troublant.

Le mur des je t’aime : Une fresque peinte sur un mur est la spectatrice de l’existence des habitants de la place, dont la petite Félicité à la vie difficile.

Mademoiselle de Boisanteil et sa sœur : Une exploration du passé grâce à une medium, au sujet d’un tableau au titre mystérieux.

Dans ce recueil, la peinture est l’art le plus représenté. Toutefois, aucune des nouvelles qui l’a pris pour sujet ne se ressemble, et chaque auteur a su faire preuve d’inventivité dans son traitement. Par ailleurs, cette anthologie fait preuve d’une belle unité, on a le sentiment d’une harmonie qui se dégage de ses textes, et comme toujours, l’avantage des récits brefs est de pouvoir s’arrêter facilement dans sa lecture, en fonction des contraintes qui ne vous laissent pas forcément le loisir de dévorer un livre en une fois.
Pour ma part, mes préférées sont Le chant du cygne et Une mosaïque d’avenirs, la première pour son charme un peu mélancolique et sa mise à l’honneur de la musique comme salvatrice, la seconde pour la coopération et l’union dans un but commun que génère l’œuvre de création. Ce qui ne veut pas dire que les autres ne sont pas de qualité, loin de là. Elles sont nombreuses à m’avoir beaucoup plu.
Bref, j’ai véritablement savouré ce livre, et je gage que je ne serai pas la seule. À vous de vous laisser séduire à présent 😉

Le 06.07.2020