Sorcier en formation #1

Tome 1 : L’envol

de T. J. Nichols, éditions Reines Beaux, 2020, ISBN 9791038101982, 5.99 € en e-book ou 19 € en version papier.

L’histoire :

Angus Donohue est un jeune homme que son père a forcé à intégrer l’université sorcière. Afin d’être renvoyé, l’apprenti a décidé de rater son invocation de démon, épreuve éliminatoire dans le cursus. Malgré tout, un démon se présente à lui, Saka, et ils se retrouvent liés. Contre toute attente, Saka l’entraîne dans son monde et Angus découvre ce que les sorciers de haut niveau cachent pour conserver le pouvoir : Demonia et Humanité sont deux mondes interdépendants. La magie circule entre les deux et un déséquilibre causé par les sorciers est en train de provoquer un désastre climatique. Les mensonges et la désinformation sont bien établis chez les humains, et Angus s’aperçoit des multiples manipulations afin que rien ne change. Toutefois, il est bien décidé à tout tenter pour rétablir l’équilibre, même si le danger est bien réel…

Chronique :

Voici une romance MM que je ne regrette pas d’avoir lue. Le point de départ me semblait intéressant, et il s’est avéré que tout le livre l’était ! Alors que l’on pourrait s’attendre aux poncifs du genre dans les relations entre sorcier et démon, avec leur lot de lubricité débridée, l’autrice ne tombe pas dans ce genre d’écueil et construit un univers cohérent, solide mais un peu trop manichéen par contre.
Les démons ne sont pas ce que l’on pourrait croire, et Angus s’en rend compte assez rapidement, comme nous. Ils ont une culture, un mode de vie, une société et leurs mages sont au service de la communauté. Leur pouvoir n’est pas là pour servir leur ego, mais pour profiter à tous. À l’opposée, les sorciers, humains, surtout de très haut niveau, sont présentés comme égoïstes, assoiffés de pouvoir, quitte à provoquer la mort d’innocents ou de gêneurs sans aucun scrupule. Pire, alors qu’ils savent combien la magie doit être équilibrée entre les deux mondes, ils ne font rien pour y remédier et continuent de la piller.
Angus se retrouve projeté au milieu de tout cela, et sa conviction est assez vite acquise, surtout qu’il avait déjà de sérieux doutes sur l’aspect moral d’asservir un démon pour siphonner son pouvoir. En découvrant Saka et son monde, ses doutes s’avèrent fondés, et il ne peut plus fermer les yeux sur les exactions commises par l’université, quand bien même il préfèrerait ne pas être mêlé à tout cela.
Avec Saka, il découvre de nouvelles formes de magie, et c’est là que l’aspect érotique entre en jeu. Pourtant, alors que dans la bit-lit les scènes de sexe sont souvent un prétexte à racoler et sans fondement particulier par rapport à l’histoire, ici l’autrice parvient à leur donner une utilité et une justification qui servent le récit. J’ai apprécié cette manière de les intégrer à la trame, plutôt que de se retrouver avec ce genre de scène parachutée juste pour appâter le chaland et faire du remplissage.
Autre point positif, les sentiments des personnages sont bien rendus, ils sonnent juste, et on comprend leurs doutes, leur cheminement. Saka comme Angus avancent à tâtons chacun sur leur propre voie, l’un au service de son monde, l’autre se découvrant et en apprenant plus sur la magie. Dans le même temps, chacun apprend de l’autre sur son univers, tandis que l’urgence de la situation est de plus en plus criante et oblige à prendre des décisions qui vont à l’encontre de leur sens moral.
Bref, c’est un bon premier tome, qui se lit aisément, et je serai contente de lire la suite si elle sort en français 🙂

Le 18.12.2020