Les Sentinelles #1

Tome 1 : Forgé dans le sang

par Alexandra Ivy, éditions Milady, 2014, ISBN 978-2-8112-1242-1, 8.20 € ou e-book à 5.99 €, ISBN 978-2-8205-1724-1.

L’histoire :

Callie fait partie des évolués, plus familièrement appelés bizarroïdes par les gens « normaux », quand ce ne sont pas de pires qualificatifs. Nécromancienne, elle a la capacité d’entrer dans les souvenirs des morts récents pour déterminer ce qui leur est arrivé, un don qui la fait travailler régulièrement avec le sergent Duncan O’Conner. Pour sa sécurité, elle est toujours accompagnée d’une Sentinelle, Fane, un guerrier d’élite hermétique à la magie. Alors qu’ils doivent élucider le meurtre d’une jeune femme à qui on a pris son cœur sans laisser aucune trace sur son corps, ils prennent conscience que le meurtrier est capable de relever les morts et de les animer. Se dessine alors un projet bien plus effrayant, qu’ils vont tenter d’enrayer avant la catastrophe.

Chronique :

Bon, je vous préviens tout de suite, je vais encore pester, comme souvent avec la bit-lit américaine. Qu’est-ce qu’ont la plupart des autrices de ce type de littérature à nous coller systématiquement des hommes qui sont de véritables clichés ambulants de machisme et d’agressivité ? Et en plus, elles les font passer pour des hommes qui sont finalement ce que désirent les femmes ! Pourquoi poser presque à coup sûr l’équation : virilité = agressivité + machisme + domination + possessivité ? Comme si les hommes avaient besoin d’être des guerriers pleins de muscles, à l’air dangereux, se comportant comme des Cro-Magnons, pour être des hommes reconnus comme tels ou désirables ! Non seulement c’est réducteur, mais cela les pose comme des modèles de comportement acceptables, un paradoxe quand on voit les vagues actuelles de hashtags pour dénoncer les attitudes masculines inappropriées envers les femmes, et qui viennent des États-Unis ! Si c’est la vision américaine de la masculinité, je les plains, parce que trouver sa place ou se construire quand on ne colle pas au modèle, c’est loin d’être évident. Bon d’accord, c’est plus que pester là, c’est un véritable coup de gueule… Revenons au roman proprement dit.
Dès les premiers chapitres, ce livre m’a fait lever les yeux au ciel et soupirer, avec la tentation de le refermer aussi sec. Comme je suis persévérante, j’ai continué le lendemain en me disant que ça s’améliorerait peut-être par la suite…
Le personnage principal dans ce roman, le sergent O’Conner, se montre particulièrement lourd, agressif, plein de suffisance et d’arrogance. Ce n’est pas le seul cliché du livre. Tous les évolués sont forcément à tomber, impressionnants, redoutables et j’en passe, alors que les sbires du méchant sont affligés de physiques ingrats et mentalités du même acabit. Les Sentinelles sont l’incarnation du fantasme du mâle protecteur, pas une femme dans leurs rangs, et leurs protégés sont évidemment des femmes, pas un homme parmi ces doués… C’en est caricatural.
En ce qui concerne l’intrigue, le parti pris de l’autrice a été de nous dévoiler le méchant dès le début. Pas de suspense de ce côté, plutôt une course contre la montre et un jeu de piste, à la fois pour l’identifier et pour comprendre ses intentions. Une manière également de nous dévoiler son histoire et sa noirceur.
Les descriptions des lieux, du fonctionnement de la société et de Valhalla sont assez succinctes, si bien que l’univers déployé n’apparaît pas particulièrement net. L’enfermement communautaire est justifié par la suspicion et une forme d’intolérance face à la différence, avec une scission nette entre les « normaux » et les évolués. Rien de bien nouveau de ce côté. En revanche, vous ne trouverez pas de vampires ni de loups-garous dans ce récit, et les zombies ne ressemblent absolument pas à l’image habituelle de cadavre décomposé avide de chair humaine, un bon point.
Bref, vous l’aurez compris, ce premier tome ne m’a pas convaincue, si bien que je ne lirai pas la suite.

Autres titres de la série :

Tome 2 : Tueur de sang
Tome 3 : Fièvre de sang

Le 08.07.2018

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